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| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Ange à ma Table (Un) | An Angel at My Table | Campion Jane | Jones L. | 1990 | Australie, Nlle. Zélande |
149’ |
| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 12 Hommes en Colère | 12 Angry Men | Lumet Sidney | Rose R. | 1957 | USA | 89' |
| Cercle des Poètes Disparus (Le) | Dead Poets Society | Weir Peter | Schulman T. | 1989 | USA | 128' |
| Kill Bill 1 | Kill Bill 1 | Tarantino Quentin | Tarantino Quentin , Thurman Uma | 2003 | USA | 111' |
| Maître (Le) | (Voir détail : Mistrz) | Piotr Trzaskalski | Lepianka W. Trzaskalski P. |
2005 | Allemagne Pologne |
117' |
| Raging Bull §. Φω. Plan 95. Jack qui renverse la T. |
Raging Bull | Scorsese Martin | Martin P. Schrader P. |
1980 | USA | 129' |
* * *
Nous avons exprimé ailleurs, la valeur du prologue et l’hypothèse qu’un protagoniste représente métaphoriquement (dans son sens étymologique, du grec, metaphora, « transposition ») un pays.
Sous cet angle, les données changent et nous donnent une version tout autre de ce que l’on a cru comprendre. Ainsi, l’image du prologue : l’enfant, la balançoire avec sa petite tablette et les clochettes, suggère une représentation du pays, un pays jeune mais incertain, qui « se balance », qui se cherche. (Cf. Photogramme – Table 1.)
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Photogramme Table 1 : Le Maître , Plan 1. 00' 10'' Prologue. L’enfant aveugle, la tablette de la balançoire et les clochettes. |
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Les clochettes proposent par synecdoque (figure consistant à prendre la partie pour le tout) l’image des églises, seul témoignage du sacré dans le film. (Mais, à son tour, ce sacré est hésitant...) Il faut enfin souligner la valeur de la tablette de la balançoire, qui va se manifester dans le film, soit d’une façon identique, en particulier au plan 118, quand le Maître effectue ses recherches sur le nouveau numéro de cirque. (Cf. Photogramme – Table 2.)
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Photogramme Table 2 : Le Maître , Plan 118. 1h 04' 40'' Le Maître, après sa nuit d’amour avec Anna, est ingénieux. Sous les yeux du Musicien, il met au point un appareillage et crée un nouveau numéro de cirque qui concerne la télékinésie. |
|---|
Soit alors, la tablette va subir un agrandissement, elle devient une table, comme par exemple, au plan 37b (le jeu de verre II), ou au plan 53b, la table et la poule. (Cf. Photogramme – Table 3.)
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Photogramme Table 3 : Le Maître , Plan 53b. 25' 28'' Alexandre, d’un air amusé, regarde la poule sur la table. Nous avons, par ailleurs, souligné que c’est une image-clé, car elle sera en relation avec la séquence de « l’omelette ». |
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Cette image significative sera suivie, quelques instants plus tard, par une autre image particulière : Il s’agit du plan 55, avec la lévitation de la bouteille. (Cf. Photogramme – Table 4.)
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Photogramme Table 4 : Le Maître , Plan 55. 27' 36'' L’image prodigieuse de la lévitation d’une bouteille. |
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Par la suite, nous aurons dautres images dune table, comme au plan 114 (le dîner silencieux). Mais au plan 116b, la table va subir une métamorphose radicale, à savoir, sa disparition (noublions pas, que nous sommes dans un monde de cirque et de magie), elle sera suggérée, simplement par une nappe (de table, prise justement sur une pile de nappes rangée sur une autre table). Cette nappe de table sera disposée directement sur le sol : la terre polonaise qui devient ainsi « une table d’amour ». (Cf. Photogramme – Table 5.)
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Photogramme Table 5 : Le Maître , Plan 116b. 1h 02' 30'' Une nappe de table disposée au sol, qui va accueillir, presque religieusement, si l’on ose dire, les corps dénudés d’Anna et d’Alexandre. |
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Il reste encore la table sur laquelle Angela allait se faire violer (plans 9 et 10). Angela représente à son tour (ou prends le relais de l’enfant du prologue) la Pologne qu’on voulait violer ; elle sera sauvé, in extremis par un étranger qui, soulignons-le, descends d’une certaine hauteur pour venir la sauver. (Cf. Photogrammes – Table 6 et 7. )
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Photogramme Table 6 : Le Maître , Plan 10a. 07' 28'' Alexandre se dirige (ou descends la petite colline), avec une grande assurance (c’est un ancien militaire), vers une personne (Angela) en détresse. |
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Photogramme Table 7 : Le Maître , Plan 10a. 07' 28'' Plan rapproché sur la table et la tentative de viol d’Angela. |
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Voir : Le Maître
(25 mars 2010)
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Voir :
LEntremetteuse (1622), de Dirck van Baburen, qui est inclut dans Le Concert (Vers 1665-1666), de Vermeer
Pour la question du "film dans le film", voir note bas de page N°: 6.
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| Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Tableau de famille | Le Fate Ignoranti | Ozpetek Ferzan | Ozpetek F. Romoli G. |
2002 | France, Italie | 110' |
| Tableau Noir (Le) | Takhté Siah | Makhmalbaf Samira | Makhmalbaf M. et S. | 2000 | Iran, Italie, Japon | 84' |
| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Nostalghia | (Voir détail : Nostalghia) | Tarkovski Andreï | Tarkovski A. Guerra T. |
1983 | URSS Italie |
130' |
| Stalker | (Voir détail : Stalker) | Tarkovski Andreï | Tarkovski A. Strougatski A. et B. |
1979 | URSS | 161' |
S'il y a un tableau de peinture dans l'histoire de l'art mondial qui exprime d'une façon complète, ample, mais en même temps, complexe, la question du tableau dans le tableau, c'est bien, Les Ménines, de Diego Vélasquez, qui offre une vision large, originale et inédite.
Pour notre étude nous allons nous appuyer en grande partie, sur l'étude de Jean-Michel Koch, intitulée : Les Yeux du Tableau
« La scène représentée est située dans un espace réel : c'est une des salles du palais de l'Alcazar que Vélasquez utilisait comme atelier, en tant que premier peintre du roi. » [1] (Cf. Image - Peinture 1. )
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[1] Jean-Michel Koch, Les Yeux du Tableau.
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Image - Peinture 1 : Les Ménines, Diego Vélasquez. 1657, Huile sur toile, 318 × 276 cm Musée du Prado, Madrid. |
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« Le spectateur est immédiatement saisi par la représentation ; deux éléments y contribuent : les regards de plusieurs personnages dirigés vers lui comme à travers la toile et l'ouverture latérale du tableau. » [1]
« A l'extrême gauche de la toile : le revers d'un tableau visiblement très grand. » [1]
Soulignons au passage, que c'est le premier tableau dans le tableau, de plus, ce tableau représenté par son revers est dans une situation particulière, puisqu'on ne le verra jamais.
« Sur les murs des tableaux de la main du gendre de Vélasquez, Juan Bautista Martínez del Mazo (vers 1612 - 1667), à partir de Rubens et de Jordaens. Les deux tableaux situés au-dessus du peintre et de la porte, au fond de la pièce, face au spectateur, représentent des scènes mythologiques ayant pour thème la rivalité artistique entre les créatures terrestres et les dieux : Apollon et Marsyas, la légende d'Arachné et Athéna ( au-dessus de Vélasquez). » [1] (Cf. Image - Peinture 2. )
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Image - Peinture 2 : Les Ménines, (Détail) Diego Vélasquez. Sur les murs des tableaux de la main du gendre de Vélasquez, del Mazo, à partir de Rubens et de Jordaens. |
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Le premier tableau, à gauche, au-dessus de Vélasquez, représente La Punition d'Arachné. Nous reproduisons l'original de la copie, peinte en 1637, par Pierre Paul Rubens (1577-1646). (Cf. Image - Peinture 3. )
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Image - Peinture 3 : La Punition d'Arachnée, Pierre Paul Rubens. La légende d'Arachné et Athéna. |
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Le second tableau, à droite, au-dessus de la porte, représente Apollon écorchant Marsyas . Nous reproduisons également l'original de la copie, peinte en 1625, par Jacob Jordaens (1593-1678). (Cf. Image - Peinture 4. )
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Image - Peinture 4 : Apollon écorchant Marsyas , Jacob Jordaens. |
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Avant d'entrer en détail dans la relation des tableaux de Rubens et de Jordaens, il reste un substitut de tableau, qui est en fait, le miroir situé au-dessus de la tête de l'Infante Marguerite, sur lequel « deux personnages s'y reflètent ; ce sont le roi Philippe IV et la reine Marianne ». [1] (Cf. Image - Peinture 5. )
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Image - Peinture 5 : Les Ménines, (Détail) Diego Vélasquez. Sur un miroir, deux personnages s'y reflètent ; ce sont le roi Philippe IV et la reine Marianne. |
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La suite est en préparation...
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A l'origine, notre projet était de considérer quatre films de quatre cinéastes de quatre pays différents. Outre Andreï Tarkovski, nous avons choisi Ingmar Bergman (Suède), Robert Bresson (France), Luis Buñuel (Espagne). Le choix de ces réalisateurs tient d'abord au fait qu'ils sont importants aux yeux d'Andreï Tarkovski, et qu'ils sont souvent cités dans ses écrits. De plus, ils ont entre eux plusieurs points communs : un soin minutieux dans l'élaboration de l'image et du récit, l'innovation dans la réalisation, la régularité d'une recherche perpétuelle, l'invention permanente des sujets, un choix pertinent des objets, une présentation simple et sobre d'une émotion complexe, l'orientation en profondeur dans les préoccupations contemporaines de l'humanité. Ils offrent un nouveau regard sur la place et l'évolution de l'homme, etc.
Cependant, dès que nous avons commencé à aborder le cinéma d'Andreï Tarkovski, et au fur et à mesure de notre recherche, nous avons constaté que ses films, à eux seuls proposent un répertoire presque complet d'hypothèses cinémantiques. Le nombre élevé, varié et pertinent des systèmes sémiotiques que nous avons détectés est un facteur déterminant de notre engagement à considérer son cinéma comme un fil conducteur. Car, le choix qui se posait était celui de savoir s'il fallait effectuer une recherche rapide mais superficielle sur les quatre réalisateurs ou alors approfondir le cinéma d'un auteur et inclure par analogie formelle ou auditive d'autres réalisateurs. Nous avons opté pour la seconde solution, car elle permet d'une part d'asseoir solidement la notion cinémantique, et d'autre part, de respecter en partie notre projet. On proposant une esquisse d'un "dictionnaire de la cinémancie", qui concerne plusieurs réalisateurs. C'est le 3ème tome de notre étude. Il permettra de créer des liens, et d'aborder les figures transversalement.
Enfant, Andreï ne resta pas longtemps avec son père poète, Arseni Tarkovski (1907 – 1989). Il vécut avec ses deux parents jusqu'en 1935, puis seulement avec sa mère et sa sœur Marina. Ce sera d'ailleurs le thème central de son film Le Miroir. De la sorte, nous comprenons mieux la valeur de la poésie et des livres dans Le Miroir.[1] Ils ne sont pas comme une valeur ajoutée, mais plutôt comme des éléments prépondérants, fondateurs, qui ont accompagné la jeunesse d'Andreï Tarkovski. Ils sont à la base et au fondement de la production formelle de l'image cinématographique tarkovskienne. Nous n'avons pas pu évacuer la part importante du "tissu poétique" dans les films, qui ont pour ainsi dire des fils de prolongements imperceptibles, et révélateurs.
Durant sa jeunesse, deux grandes phases vont contribuer à sa formation. D'abord, le cycle scolaire (1943-1950) : lycée à Moscou, et cours de musique et de peinture. Ces questions qui ont une place importante dans ses films mériteraient à elles seules une étude approfondie. Nous en parlerons uniquement si cela explicite notre discours. Mais il est juste de dire que Tarkovski peint avec de la lumière sur une pellicule de cellulose. Le cycle extra-scolaire (1950-1955) dont il s'agit est très particulier pour un futur cinéaste, d'abord : la langue arabe, ensuite la géologie.
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[1] Il avait aussi un oncle poète : (…) "Valentin Tarkovski (1900 – 1918) partisan de l'anarchiste ukrainien Makhno, ainsi que ses deux grands-parents : Maria Danilovna (1870 – 1943) et Alexandre Tarkovski (1860 – 1920) poète, proche du mouvement "Narodnaïa Volia." Andreï Tarkovski, Journal 1970 - 1986, op. cit., p.463. Il en est également de même pour toutes les citations dans le texte sur la famille d'Andreï Tarkovski.
* * *
Larissa Tarkovski, la seconde épouse, nous livre une indication sur l'émerveillement de son mari pour la langue arabe : (…) "Cette langue l'éblouissait parce qu'on y trouve des centaines de mots pour désigner le chameau. Le chameau mâle, femelle, les petits chameaux à des âges différents. (…) Tous reçoivent un nom à part. (Il lui disait: ) "J'avais l'impression que leur nom dépendait du moment de la journée et du jour de la semaine." [1] Outre ce fait biographique, l'entrée de Tarkovski à l'Institut des Etudes Orientales soulève la question du rapport de l'Orient avec le cinéma de Tarkovski. Peut être est-elle liée aussi à un critère héréditaire ? La famille Tarkovski était en effet une, (…) "famille régnante sur la ville de Tarki, au Daghestan, au nord-ouest de la mer Caspienne, du XVème siècle au XIXème siècle, de religion musulmane, convertie au christianisme en 1793, qui passe alors sous la protection de la Russie de Catherine II." [2] Nous ajoutons donc à présent un second critère, le critère religieux, qui a sans doute eu une influence dans une liaison avec le sacré chrétien pour aboutir en quelque sorte à un sacré universel. Cependant, comme nous l'avons rappelé rapidement, la superstition est étroitement liée au religieux. Du coup, le particularisme religieux de Tarkovski d'abord musulman, ensuite chrétien orthodoxe est certainement une contribution importante à son intérêt pour les phénomènes parapsychologiques.
Par ailleurs, l'aspect orientalisant a d'une part une importance dans la bande son, au niveau de la musique, particulièrement dans Stalker par exemple, et d'autre part, sur la bande image, ce qui se traduit au niveau de l'approche et de la recherche d'un absolu de l'image, dans une espèce de "calligraphie cinématographique lumineuse".[3] Cette "calligraphie" s'appuie d'une part essentiellement sur des mouvements spécifiques de la caméra, lents et soignés, et d'autre part, sur une mise en scène simple et sobre, "sans fioritures" comme le dit Kyril, à propos de la peinture de Théophane le Grec, dans Andreï Roublev.
_______________
[1] Cf. Larissa Tarkovski, Andreï Tarkovski, Editions Calman-Lévy, 1998, p.36.
[2] Andreï Tarkovski, Cahier Journal 1970-1986, op. cit., p. 463.
[3] Certes cette notion prête à confusion, mais nous pouvons la comparer à la perfection stylistique de la calligraphie orientale, et par prolongement à la calligraphie extrême-orientale et à sa poésie, comme par exemple l'importance de la poésie haïku dans ses écrits.
* * *
Si la peinture, la musique, la poésie et l'arabe ont contribué à une mise au point (et en pratique) de la bande son et de la bande image, la géologie apporte une large contribution d'une part, à l'aspect matériel de la composition filmique, et d'autre part, à la structuration des scénarios et des films, élaborés par un procédé qu'on pourrait appeler, "un procédé par stratification", c'est-à-dire, une composition en couche non finie. De plus, "Gé", la terre, appelle "topos", le lieu. Mieux, le lieu est inclus dans la terre. Il est la terre. Comme en géologie, où la moindre couche, la plus fine, est un indice révélateur sur la conception vitale d'un certain biotope : sa faune, sa flore, en bref, l'élaboration d'un monde. Les plans chez Tarkovski ont souvent cette faculté d'établir une structure édifiante d'un complexe à résonance multiple. Nous expliquerons plus longuement dans le cur de notre étude cet aspect spécial.
Ainsi, "la terre" appelle "le lieu", et le premier lieu avant le cinéma, c'est une expédition en Sibérie, dans le cadre d'un projet d'exploration avec une équipe de géologues. C'était en 1955, Larissa Tarkovski nous raconte une histoire extraordinaire qui est arrivée à son mari : (…) "Un homme que l'on avait surnommé "le vieux", et qui avait passé des années dans la taïga (forêt de conifères ), apprit à Andreï a traiter la nature d'égal à égal. (…) Un soir, il (Andreï) arriva, harassé, dans un petit refuge où il décida de passer la nuit. Un orage venait d'éclater. (…) Il mit le cheval et la charrette à l'abri, se coucha et tenta de s'endormir. Soudain il entendit une voix menaçante: "Va-t-en d'ici." (…) C'est la fatigue, se dit-il, et il se recoucha. De nouveau, la même voix, pressante et inquiète : "Je t'ai déjà dit de partir, qu'est-ce que tu attends?" (…) Il s'allongea de nouveau, et cette fois-ci, ce fut un cri : "Fous le camp, c'est la dernière fois que je te le dis!" Cette fois-ci, il se leva précipitamment, courut hors du refuge, (…) A peine eut-il parcouru quelques dizaines de mètres qu'un pin immense se détacha… vacilla, et s'effondra… éventré par un éclair. (…) Ces bruits recouvrirent le sinistre craquement du refuge écrasé." [1]
Voilà un témoignage troublant d'un exemple de "cinémancie biographique, extra-cinématographique", si l'on ose dire, concernant la vie du réalisateur, c'est aussi, un cas exceptionnel d'omen répété.(Voir : Clédon) Quand la voix (le vieux ! ) dit : (…) "Va-t-en d'ici !", cela impliquait, "pars de la Sibérie", "ta place n'est pas ici", "ta place est ailleurs". Tarkovski suit donc le conseil de "la voix" et décide en 1956 de se présenter à l'examen d'entrée du VGIK. [2]
_______________
[1] Cf. Larissa Tarkovski, op. cit., pp. 40-41.
[2]VGIK : Institut d'Etat du Cinéma
* * *
Il eut comme professeur le réalisateur Russe Mikhaël Romm. [1] En 1960, il réalise le film de diplôme : Le Rouleau compresseur et le violon : (…) "Mais Andreï lui-même ne considérait pas ce film comme important et ne le citait pas parmi les films qu'il avait faits. (…) Son premier vrai film, c'est L'enfance d'Ivan. (1962) Premier Lion d'Or du Cinéma soviétique." [2] A partir de ces brillants résultats, il ne fera malgré tout, qu'un film tous les…quatre ans. Andreï Roublev (1966), Solaris (1970), Le Miroir (1974), Stalker (1978), Nostalgia (1983) et Le Sacrifice (1985)
Les quatre films cités de notre étude ne se présentent pas dans l'ordre chronologique de réalisation. En réalité, nous avons commencé la rédaction de la Recherche à l'envers, c'est-à-dire en commençant par Nostalgia. Car il nous a semblé que de cette manière nous arriverions à mieux appréhender et saisir les figures et les objets significatifs dans l'uvre d'Andreï Tarkovski. C'est une rétro-vision filmographique qui nous permet, en ce qui nous concerne, d'une part, de comprendre les aspects dominants et originels de son uvre, et d'autre part, d'asseoir nos hypothèses cinémantiques.
Par ailleurs, les quatre films cités obéissent en quelque sorte à la remarque de Gilbert Cohen-Séat, à propos de la classification des films. [3] Il propose de classer le contenu des films sous quatre grandes rubriques (…) : "le merveilleux" (qui dépayse brutalement donc agréablement), "le familier" (qui se repaît de "petits faits vrais"…), "l'héroïque" (qui étanche chez le spectateur une générosité sans emploi dans la vie courante), "le dramatique" enfin, qui va droit aux crispations affectives du spectateur…"[4] Nous pensons que les quatre films que nous avons choisis, traduisent, certes, avec parfois des grandes réserves, la quadripartition de Cohen-Séat. En effet, l'apothéose lente et progressive d'Andreï Roublev se classe sous la rubrique du "merveilleux" ; le film auto-biographique, Le Miroir, se range dans "le familier" ; Stalker peut être inclut dans "le dramatique" et enfin Nostalghia dans "l'héroïque".
Enfin, la thèse se divise sur trois sections, trois tomes d'une taille inégale. Dans le premier tome : "Hypothèses et structures cinémantiques", nous avons introduit des approches successives sur l'ensemble des notions sur lesquelles nous allons nous appuyer ; ensuite nous effectuons une mise au point de notre méthode de travail ; enfin nous aborderons, au fur et à mesure de leurs "apparitions", des faits significatifs de trois films d'Andreï Tarkovski : dans Nostalghia ou "La contagion héroïque", nous aborderons des aspects d'une topologie cinémantique ; dans Stalker ou "Le drame d'être", nous développerons d'autres syndromes et symptômes cinémantiques et enfin dans Le Miroir ou "Etat critique ; critique d'état", nous nous attacherons à des aspects cinémantiques qui concernent la famille, le quotidien et la guerre. Dans les films cités, nous abordons presque uniquement des plans spécifiques, en général de très courte durée : une plume qui tombe, une personne qui trébuche, des gros plans d'objets, etc. En bref, des moments fugaces et rapides.
L'élaboration de l'étude s'articule en partant de l'action d'un détail d'un plan sur l'ensemble du film. Ce qui nous a conduit à un constat : "pour saisir la profondeur singulière et unique d'un film, nous devons le consulter "plan par plan". C'est ce constat qui nous a conduit à consacrer un tome entier à un seul film : Andreï Roublev. C'est le second tome : "Résultats et postulats cinémantiques". Mais ce constat à son tour nous conduit à un autre fait particulièrement problématique : est-ce qu'il suffit qu'il y ait un seul "plan cinémantique", pour que tout le film acquière un statut cinémantique ? Ce qui implique un élargissement considérable de la question cinémantique, vers des horizons à découvrir. Le troisième tome, nous venons de le dire, est consacré à une esquisse d'un "dictionnaire des figures cinémantiques", dans lequel nous montrons d'une part, la singularité foncière d'un "objet cinémantique", et d'autre part, le fait que l'interprétation cinémantique ne s'applique qu'au cas par cas, toujours à partir d'une image en mouvement. Cela implique en définitive que la cinémancie s'intéresse aux plans "exceptionnels".
_______________
[1] Mikhaël Romm (1901-1971) : (...) "Réalisateur russe parmi les plus importants de sa génération; entre autre films, Boule de suif, Lénine en octobre, Le Fascisme ordinaire, Et pourtant je crois. Il enseigna la réalisation au VGIK, et eut pour étudiants, (Outre Andreï Tarkovski) Tchoukraï, Danelia, Choukchine, Iossellani, sur lesquels il exerça une grande influence." (Cf. Cahier Journal, p.448.)
[2] Cf. Larissa Tarkovski, op. cit., pp. 40-41.
[3] Problèmes actuels du cinéma et de l'information visuelle, P.U.F., Paris, 2 volumes, pp. 35 à 43 du volume 2, "Le contenu des films".
[4] Citée par C. Metz, tome 1, op. cit., p. 233.
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Voir : Nostalghia (Fiche technique et aspects extra-filmiques)
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[*] Les titres des épisodes entre guillemets sont ceux d’Andreï Tarkovski.
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Voir : Stalker (Fiche technique et aspects extra-filmiques)
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Voir : Le Miroir (Fiche technique et aspects extra-filmiques) :
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Voir : Andreï Roublev (Fiche technique et aspects extra-filmiques)
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| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Brahma Taureau Sauvage | The Untamed Breed | Lamont Charels | Colter E. (histoire) Reed T. |
1948 | USA | 79' |
| Sous le Signe du Taureau | Sous le Signe du Taureau | Grangier Gilles | Vrigny R. (roman) Audiard M. Boyer F. Grangier G. |
1969 | France | 81' |
| Taureau | Telets | Sokurov Aleksander | Arabov Yuri | 2001 | Russie | 94' |
| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Raging Bull | Raging Bull | Scorsese Martin | Martin P. Schrader P. |
1980 | USA | 129' |
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Jake a faim. Il ne cesse de demander le steak, que son épouse cuisine. Elle lui dit qu'il n'est pas encore prêt. Il devient désagréable. Il insiste. Exaspérée, son épouse lui apporte le steak en le jetant sur son assiette. (Cf. Photogramme – Taureau 1.)
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Photogramme Taureau 1. Raging Bull. Plan 89, La femme de Jake jette son steak sur son assiette. |
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Jake est pris de colère, il renverse la table avec tout ce qu'il y a dessus.
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Photogramme Taureau 2. Raging Bull. Plan 95, "Jake l'enragé" qui renverse la table. |
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Le steak n'est-il pas une représentation de "Jake l'enragé" ? En renversant sa table, ne renverse-t-il pas son ménage ? Ces deux plans n'ajoutent-ils pas une légitimité au titre du film ? Le taureau enragé. Raging Bull.
Voir les liens spécifiques du film :
Grillage -
Miroir -
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Voir :
Maître (Le) de Piotr Trzaskalski :
Photogramme 21. Plan 55 -
Photogramme 39. Plan 118 -
Photogramme 41. Plan 128 -
Miroir (Le) :
Plan 163 , lévitation de Maroussia -
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| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Bar du téléphone (Le) | Bar du téléphone (Le) | Barrois Claude | Néron Claude | 1980 | France | 90’ |
| Denise au téléphone | Denise calls up | Salwen Hal | Salwen Hal | 1996 | USA | 80’ |
| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Miroir (Le) | (Voir détail : Zerkalo) | Tarkovski Andreï | Tarkovski A. Micharine A. Et poèmes d'Arseni Tarkovski. |
1975 | URSS | 106' |
| Nostalghia | (Voir détail : Nostalghia) | Tarkovski Andreï | Tarkovski A. Guerra T. |
1983 | URSS Italie |
130' |
Le IVème épisode est un épisode avec un seul plan (plan 29), en travelling avant continu et régulier. Il est déclenché à partir de rideaux d'une chambre à coucher. La caméra traverse un appartement pour aboutir à des fenêtres et sortir vers l'extérieur. Elle enchaîne par la sorte sur le Vème épisode "La coquille à l'imprimerie". Cependant, la bande-son est en voix-off; il s'agit d'une conversation téléphonique [1] entre Alexeï devenu homme et sa mère Maroussia. Ce dialogue est en relation avec l'épisode du bègue. En effet, la mère pose la question suivante : "Qu'est-ce qu'elle a ta voix ?" Le fils répond : " Les mots sont impuissants à rendre tout ce que l'homme ressent, ils sont trop mous." L'homme est malade, il parle avec difficulté, sa voix est "molle", mais, aussi contradictoire que cela puisse paraître, il exprime tout de même l'ambiance générale dans laquelle il baigne.
Par ailleurs, le fils enchaîne sur le fait qu'il a vu sa mère en rêve : "J'étais encore enfant." C'est, en fait, une liaison qui s'établit entre "Le rêve d'Aliocha"(IIIème épisode) et "La coquille à l'imprimerie" (Vème épisode). La liaison se distingue, de plus, par le travelling en avant, comme si elle traversait "le couloir du temps". Ainsi nous constatons, malgré l'aspect linéaire de l'effet du travelling, que le temps n'est par linéaire pour Andreï Tarkovski, il n'est pas vectoriel, un temps dirigé, axé vers l'avant. Il propose l'idée d'un temps cyclique, d'un temps qui revient parfois sur lui-même, un présent qui renoue avec le passé. Au cours du dialogue avec sa mère, il pose des questions sur son père. La mère dévie la conversation sur la mort de Liza, une collègue de travail à l'imprimerie que nous verrons dans l'épisode suivant.
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[1] Cf. Carole Anne Rivière, La sociabilité téléphonique, contribution à l'étude des réseaux de relations personnelles et du changement social, thèse de doctorat sociologie, institut d'études politiques, Paris, sous la direction de Michel Forsé, 1999.
*
Voir : Miroir (Le)
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Plan 97 : 1h 30' 44" : Vue générale aérienne de Rome, la ville éternelle.
Plan 98 : 1h 31' 31" : Le Poète est devant le parvis d'un grand hôtel romain. Il vérifie ses sacs de voyage. Il s’assied sur le banc. (Cf. Photogramme – Banc.)
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Photogramme Banc : Nostalghia , Plan 98. Le Poète assis sur un banc, en attendant son chauffeur. |
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Un chauffeur de taxi vient lui dire qu'il est prêt à partir, il prend les valises. Mais un concierge vient annoncer au Poète qu'il est demandé au téléphone.
Plan 99 : 1h 32' 48" : La Traductrice est au téléphone. Elle est debout dans une luxueuse demeure, "son ami" Vittorio mange, assis au milieu de la table. La Traductrice annonce au Poète, que "Domenico le Fou" est à Rome pour une manifestation : " Voilà trois jours que Domenico parle." Le Poète lui dit : " Je m'ennuie, je veux rentrer chez moi." La Traductrice lui demande de la part du "Fou" : "Si tu as fait ce que tu avais à faire." Une servante passe derrière Vittorio, et ferme soigneusement des rideaux blancs. (Cf. Photogramme – Téléphone 1)
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Photogramme Téléphone 1 : Nostalghia , Plan 99b. Une servante tire les rideaux blancs. La Traductrice est disposée du côté de la valise noire du plan 98. Comparez le parallélisme de la table et du banc du plan 98. |
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La Traductrice hésite quelques secondes. Puis, comme si elle avait compris qu'elle se trompait (par rapport à la "superficialité" de la vie de Vittorio, et l'accomplissement "de choses importantes" de la part du Poète et du "Fou"), elle dit à Vittorio : "Je vais acheter des cigarettes." Et elle s'en va.
Voir : Nostalghia
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| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Entre Ciel et Terre | Heaven and Earth | Stone Oliver | Stone O. | 1994 | USA | 140' |
| Loin de la Terre Brûlée | Loin de la Terre Brûlée | Arriaga Guillermo | Arriaga Guillermo | 2009 | USA | 108' |
| Pieds sur Terre (Les) | Down to Earth | Weitz Chris et Paul | C.K. L., Crouther L., LeRoi A., Crouther L., scénario du film Le Ciel peut Attendre, par Beatty W., et May E. | 2001 | USA | 100' |
| Sang de la Terre (Le) | Tap Roots | Marshall Goerge | Le May A., roman de Streer J.H. | 1948 | USA | 109' |
| Terre Champ de Bataille | Battlefield Earth | Christian Roger | Mandell C., Shapiro J.D., roman de Hubbard L. R. | 2000 | USA | 118' |
| Terre d'abondance | Land of Plenty | Wim Wenders | Meredith M., Wenders W. | 2004 | USA | 118' |
| Tremblement de Terre | Earthquake | Robson Mark | Fox G., Puzo M. | 1974 | USA | 130' |
| Terre de Volupté | Wild Orchids | Franhklin Sidney | Goldbeck W., Kräly H., Schayer R., Ainslee M., roman de Colton J. | 1929 | USA | 100' |
| Terre des Hommes Rouges (La) | La Terra degli uomini rossi | Bechis Marco | Bechis M., Bolognesi L., Fremder L. | 2008 | Brésil, Italie | 108' |
| Terre des Pharaons (La) | Land of the Pharaohs | Hawks Howard | Bloom H.J., Faulkner W., Kurnitz H. | 1955 | USA | 106' |
| Terre et Cendres | Khâkestar-o-khäk | Rahimi Atiq | Partovi K., Rahimi A. | 2005 | Afghanistan, France | 105' |
| Terre Neuve ou Nuds et dénouements | The Shipping News | Hallström Lasse | Jacobs R. N., roman de Anie Proulx | 2001 | USA | 111' |
| Terre Promise | Promised Land | Gitaï Amos | Sanselme M.-J. | 2005 | France, Israël | 90' |
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Voir :
Baiser -
Bande -
Béret -
Bijou -
Bonnet -
Chapeau -
Cheveux -
Crachat -
Couronne -
Andreï Roublev :
La question de la Bible sur la tête couverte -
Rêve de la tête dévissée
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| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Crime dans la Tête (Un) | The Manchurian Candidate | Demme Jonathan | Pyne D., Georgaris D. | 2004 | USA | 130' |
| Doigts dans la Tête (Les) | Doigts dans la Tête (Les) | Doillon Jacques | Doillon J. | 1974 | France | 104' |
| Femme sans Tête (La) | La Mujer sin cabeza, The Headless Woman | Martel Lucrecia | Martel L. | 2009 | Argentine, Espagne, France, Italie | 87' |
| Huit têtes dans un sac | 8 Heads in a Duffel Bag | Schulman Tom | Schulman Tom | 1997 | USA | 91' |
| Plumes dans la Tête (Des) | Plumes dans la Tête (Des) | De Thier Thomas | De Thier T. | 2004 | Belgique, France | 117' |
| Sleepy Hollow, la Légende du Cavalier sans Tête | Sleepy Hollow | Burton Tim | Walker A.K., Yagher K. Roman d'Irving W. | 1999 | USA | 105' |
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| Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Stalker | (Voir détail : Stalker) | Tarkovski Andreï | Tarkovski A. Strougatski A. et B. |
1979 | URSS | 161' |
Plan 96 : 1h 27' 40" : Nous sommes à l'entrée du tunnel. Nous avons déjà amorcé des éléments inclus dans cette séquence. [1]
Plan 97 : 1h 28' 46" : Le Stalker propose de faire un tirage au sort. Le professeur sort une boîte d'allumettes de sa poche et la donne au Stalker. Ce dernier passe entre les deux hommes. Il tourne le dos. Il casse une allumette (il fait semblant de la casser) et se retourne vers eux : "la plus longue ira en premier." (Cf. Photogramme – Tirage au sort.)L'Écrivain tire une allumette : "Cette fois-ci vous n'avez pas eu de chance."
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Photogramme Tirage au sort : Stalker Plan 97 La parodie du "tirage au sort" effectué par le Stalker. |
|---|
Ce petit interlude entre le Stalker et l'Écrivain (le Professeur n'a fait que donner les allumettes) est lourd de résonance divinatoire. C'est en fait une espèce d'ordalie.
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[1] A propos du sac du professeur et de la question du nominalisme animal, quand l'Écrivain dit : "Serpent rusé ne se porte pas volontaire", car, il ne voulait pas entrer en premier.
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Aspects d'une topo-analyse cinémantique
Nous nous appuyons d'une part, sur l'étymologie du mot : dérivé du grec "topos" (le lieu) ; et d'autre part, c'est une référence à G. Bachelard, (…) "La topo-analyse serait donc l'étude psychologique systématique des sites de notre vie intime." [1]
En général, les déplacements topologiques [2] des protagonistes dans les films, participent pleinement dans l'établissement de faits cinémantiques. Ils annoncent et ils indiquent par conséquent une espèce de "réponse cinémantique". Ainsi, chaque déplacement topologique (de bas en haut, de haut en bas, de gauche à droite, de droite à gauche, en diagonal, etc.) est, comme nous allons le voir, porteur d'une "résonance cinémantique" qui illustre une certaine "transformation". Par exemple, au premier plan de Nostalghia, "la transformation-déplacement" présente la "souffrance de l'attente", ou encore, le plan 10a du Maître, quand Alexandre descend d'une pente pour sauver Angela.
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[1] La Poétique de l'espace, P.U.F. Paris, (1957), 1998, p. 27. Cf. également, pp. 18 et 41.
[2] Cf. André Gardies, L'espace au cinéma, 3ème partie : "L'espace narratif", en particulier, chapitre 1. "Essai de topographie". pp. 105-130. Nous suivons, sans difficultés A. Gardies lorsqu'il cite A.-J. Greimas, "au-delà même des seules contraintes narratives, l'espace "n'est là que pour être pris en charge et signifie autre chose que l'espace, c'est-à-dire l'homme, qui est le signifié de tous les langages. (Greimas, Sémiotique et sciences sociales, Ed. Seuil, Paris, 1976, p. 130.)" op. cit., p. 115. Toutefois, nous pensons, contrairement à A. Gardies, qu'il y a "urgence" dans la création de néologisme (p. 110.) En effet, dans Le salaire de la peur (pp. 117-127) la série d'épreuves que traverse Mario ne sont-elles pas des indices "cinémantiques" ? L'image de Mario dans la "mare de pétrole"noire, n'annonce-t-elle pas le noir avenir qui l'attend ? Cf. également, F. Cesarman, (…) "on comprend aujourd'hui ce que sont les déplacements, les condensations, les projections, la façon qu'ont les symptômes de se transformer en problèmes organiques et de changer l'image du corps propre, la symbolisation qui répond à la représentation verbale des images, véritable langage de l'inconscient. " op. cit., pp. 39 et 49.
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Voir :
Andreï Roublev :
Ça tourne, ça tourne, (Théophane le Grec) -
Miroir (Le) :
Plan 9 : Un homme s'approche de Maroussia, et il lui demande la route de Tomchino. Elle lui répond qu'il fallait tourner"avant le buisson" -
Plan 24c : Les cheveux qui cachent le visage de Maroussia. Nous avons à ce moment-là une personne qui a tournée sa face de 180° -
Tourner à 360° -
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| Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Trahison | Traitor | Nachmanoff Jeffrey | Martin S. Nachmanoff J. |
2009 | USA | 114’ |
| Trahison (La) | Trahison (La) | Faucon Philippe | Faucon P. Nini Soraya. Sales Cl. |
2006 | France | 80’ |
| Trahison à Athènes | Angry Hills (The) | Aldrich Robert | Bezzerides A. I. Leon U. |
1959 | Angleterre | 105’ |
| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Andreï Roublev | (Voir détail : Andreï Rublyov) | Tarkovski Andreï | Tarkovski A. Konchalovsky A. |
1969 | URSS | 150' |
Deux aspects majeurs marquent le second changement de composition. C'est l'apparition du montage alterné et la division de l'épisode en douze parties. Les parties sont formées de séquences longues et de séquences courtes. Il y a, d'une part, des séquences longues de l'invasion proprement dite, que nous désignerons par A, elles comportent six parties (A 1,…, A 6). Et, d'autre part, des séquences courtes, de deux ou trois plans, en flash-back que nous désignerons par B, elles présentent la trahison du prince, elles comportent cinq parties (B 1,…5). Il reste enfin une séquence libre, la mort de l'apprenti Thomas, qui est intercalée entre les deux dernières parties de l'invasion, nous la désignerons par C.
Nous remarquons donc que la composition du montage se complique considérablement, et que nous avons à faire à un nombre de partie beaucoup plus important, douze au lieu de 4 dans le IIIème épisode et 7 dans le Vème. C'est le plus long épisode du film, avec plus de 90 plans (57 pour le IIIème, 42 pour le Vème). Ceci est dû au fait que nous passons au régime de la guerre, cette souffrance collective. Qu'est-ce qui va déclencher la guerre ? C'est le serment rompu par le prince, le frère du Grand Prince. Comment ? En livrant des informations aux Tatars : "La ville est derrière le bois, le Grand Prince est occupé avec les Estoniens." L'accent mis sur le serment, avec le baiser de la croix, met en valeur la qualité sacramentelle du serment. Ceci est de la plus haute importance, car le poids du serment est primordial dans cet épisode de la Passion. En effet, l'épisode commence par la trahison du prince qui rompt son serment sur la croix, et se termine par le serment de Roublev d'offrir son silence à Dieu. L'art des raccords entre les parties est à souligner, avec douze raccords majeurs, sans coupe sèche, ni insert noir, ni fondu-enchaîné. Les raccords et les liaisons entre les différentes parties, sont inscrits dans le prolongement de l'action. Par exemple, lorsque le prince [1] regarde derrière lui, nous regardons son passé.
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[1] Afin de ne pas confondre les deux frères, nous appelons le premier, le prince, et le second, le Grand Prince.
* * *
Plan 187-3 : 1h 30' 18" : Plan général sur le bord d'une rivière. L'image est divisée en trois bandes horizontales. Le partage est obtenu par la rivière dans la bande médiane. En haut de l'écran, c'est le campement russe, avec des tentes dressées le long de la berge. Un soldat russe crie : "ils arrivent les Tatars." Nous entendons le galop des chevaux, et nous voyons venir, au bas de l'écran à partir de la gauche, les Tatars, qui commencent à arriver à la hauteur des Russes. Notons la composition de l'image qui correspond, en fait, à l'établissement d'une hiérarchie de valeurs : les Russes en haut, et les Tatars en bas. Les Tatars rejoignent les Russes en passant devant les deux chefs. Quatre plans plus loin, Les deux chefs font la course.
Plan 194-11 : 1h 34' 37" : Le chef tatar très à l'aise sur sa monture, distancie le prince de peu, il lui dit : "ne te laisse pas distancer prince."
Plan 195-12 : 1h 34' 48" : Ils s'arrêtent afin que les troupes puissent les rejoindre, le chef tatar demande au prince : "tu n'aimes pas ton frère ?" Le prince répond : "J'ai embrassé la croix, l'hiver dernier."
Nous assistons, à partir de la réponse du prince, à un "désordre soigné" ou une décomposition minutieuse des données narratives du film. Ce désordre correspond, sans doute, à l'esprit désordonné du prince. Il est obtenu par l'introduction et l'inclusion d'un nouvel épisode (B) qui correspond aux derniers instants qui précèdent le baiser de la croix par le prince. Soulignons que ce fait politico-religieux se déroule à l'intérieur d'une église, devant le métropolite et son frère le Grand Prince. Il faut aussi remarquer que ces derniers instants, très courts, sont divisés aussi en petites séquences très courtes.
Le passage de la fin d'une partie A au début d'une partie B est, le plus souvent, un passage du temps linéaire du film à un temps anachronique de la diégèse. Il s'effectue à partir de la personne du prince. Mais comme d'habitude, dans le cinéma de Tarkovski, l'aspect technique inaugure un aspect psychologique. En effet, il s'agit d'un inventaire des traits psychologiques du thème de la trahison. Ainsi, "l'objet de trahison", le prince, devient "l'objet de transition" entre les parties. Et précisément, le premier passage ou raccord dans un temps anachronique, a lieu à la fin de la première partie lorsque le prince, dubitatif, termine sa phrase : "l'hiver dernier…" A ce moment-là, il détourne le visage vers la droite, comme s'il voulait fuir le regard du chef tatar. Il espérait ne plus devoir penser à cet instant. Ainsi, le prince, en détournant la tête, se détourne du "champ universel", pour se tourner vers son "champ intérieur", qui devient, en quelque sorte, le contre-champ du regard du prince.
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Voir : Andreï Roublev
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Voir : Résonance
Andreï Roublev :
La figure de la scie vibrante. Photogramme plan 207, la scie vibre en sifflant à côté du cou du jeune russe tué par le prince -
Miroir (Le) :
Chat noir et verre de lampe à pétrole -
Nostalghia :
Photogramme, plan 37b, Le Poète, derrière le Fou, porte son manteau. C'est un plan pertinent, car il annonce un "transfert d'identité" du Fou au Poète -
Viridiana :
Le transfert de malheur par contagion de la corde à sauter -
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Voir :
La figure du drap plié en cloche
dans Andreï Roublev
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| Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Andreï Roublev §. Φω. Plan 329. Le clédon de l'argile |
(Voir détail : Andreï Rublyov) | Tarkovski Andreï | Tarkovski A. Konchalovsky A. |
1969 | URSS | 215' |
| Gran Torino | Gran Torino | Eastwood Clint | Johannson D. Schenck N. |
2009 | USA | 116' |
| Mathilde §. Le T. De Mathilde |
(Voir détail : Mathilde) | Mimica Nina | Mimica Nina | 2004 | Italie, Espagne, Angleterre, Allemagne | 97' |
| Nostalghia §. Φω. Plan 30. |
(Voir détail : Nostalghia) | Tarkovski Andreï | Tarkovski A. Guerra T. |
1983 | URSS Italie |
130' |
| Stalker | (Voir détail : Stalker) | Tarkovski Andreï | Tarkovski A. Strougatski A. et B. |
1979 | URSS | 161' |
Plan 15 : 14' 55" : Le Stalker et l'Écrivain se rendent au bar, ils sont attendus par le Professeur. Avant d'entrer dans le bar, et en montant les quelques marches d'un escalier, l'Écrivain trébuche, glisse et tombe un genou à terre : "(râlant) C'est plein de flotte ici." (Cf. Photogramme – Trébuchement 1. )
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Photogramme Trébuchement 1 : Stalker, Plan 15. L’Ecrivain glisse et tombe genou à terre : (râlant) "C'est plein de flotte ici." |
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Ce court plan nous révèle deux indices. Le premier indice est la génuflexion involontaire de l'Écrivain, qu'on peut voir dans Nostalghia. Le second indice c'est la raillerie de l'Écrivain, sur "la flotte". En effet, cela n'est que le début, comme nous allons le voir, il sera souvent mouillé.
Aussitôt après la fin du poème, au plan 69, le Professeur trébuche. Ses compagnons l'aident à se relever. Le Stalker lui dit : "Ne nous portez pas malheur." Voilà que le Stalker devient superstitieux (…) : "Le faux pas, qui contrarie l'ordre des choses, symbolise un obstacle tout en mettant dans une posture délicate, passe généralement pour un mauvais présage. L'origine de cette croyance remonterait à un temps où le manque de tenue, même involontaire, était très sévèrement jugée. (…) Trébucher en partant en voyage ou en débutant une entreprise devrait inciter à modifier ses projets." [1]
Soulignons le fait qu'au plan 15, lorsque l'Écrivain accompagne le Stalker au bar, il monte les marches de l'escalier, glisse et tombe un genou à terre, il dit en râlant : " C'est plein de flotte ici." A ce moment-là, le Stalker ne dit rien. Ce n'est que dans la Zone qu'il est attentif aux gestes de ces compagnons. L'Écrivain sent que le Professeur défaille, puisqu'il demande au Stalker : (dans un endroit de la Zone où ils ont de…l'eau jusqu'aux chevilles.) : " Mais où est le Professeur. (…) (il) a disparu." (Plan 72.) Le trébuchement du Professeur nous relie de nouveau au sac. Car c'est le moment où il le perd, et en le perdant, il perd son vu le plus cher : détruire "la chambre des désirs". Non seulement le Professeur va défaillir (en ne voulant plus s'engager dans la Zone), il va aussi disparaître. Mais pas pour longtemps, puisqu'il réapparaît au plan 74. Le Stalker lui dit : "Comment êtes-vous arrivé ?" Il répond : "Une grande partie du chemin… Je l'ai fait à quatre pattes." [2] C'est-à-dire, sur les mains et les genoux. Comme un nouveau-né ! D'ailleurs peu après, aux plans 76 et 78, les paroles du Professeur vont prendre "forme". En effet, au moment du repos du groupe, le Professeur essaie de trouver une manière confortable pour s'asseoir, il plie les genoux et pose la tête sur son sac. Il n'est plus un nouveau-né, mais un fœtus, "le ftus de la Zone". (…) "Les bambaras appellent le genou le"nud du bâton de la tête", et y établissent le siège du pouvoir politique." [3] "Ils rejoignent en cela de nombreuses traditions anciennes qui font du genou "le siège principal de la force du corps… le symbole de l'autorité de l'homme et de sa puissance sociale." [4] "De là le sens des expressions : plier le genou = faire acte d'humilité ; faire plier les genoux = imposer sa volonté à quelqu'un, voir le tuer ; etc." [5]
Chez Tarkovski, les êtres et les objets ont une tendance irrésistible de se courber vers la terre. Nous l'avons vu avec l'Ecrivain et le Professeur, mais le Stalker aussi exprime cette attirance. En effet, au plan 47, le Stalker se détache du groupe, il est au milieu des herbes hautes, il s'agenouille et il s'allonge de tout son long dans les herbes, ventre contre terre. En témoignage de quoi ? En signe de vénération ou de respect? Ou par peur ? Par soumission ? Ou par adoration ? Par ailleurs, cette attraction est particulièrement représentée dans la partie suivante.
Au : Plan 130 : l'Écrivain comprend que dans "la chambre" : "seuls les vux les plus sacrés sont exaucés… (…) " Cependant, un petit incident intéressant conclut l'analyse de l'Écrivain. En effet, à la fin de son discours, il se retourne vers le seuil de "la chambre", et se penche en avant, comme s'il voulait saisir le mystère de "la chambre". Mais il est à cet instant en déséquilibre, et manque de tomber au-delà du seuil. Le Stalker l'aide en le tirant en arrière par le manteau. (Cf. Photogramme – Trébuchement 2.)
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Photogramme Trébuchement 2 : Stalker, Plan 130. L'Écrivain en déséquilibre au seuil de "la Chambre des Désirs", il est retenu au dernier instant par le Stalker. |
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L'Écrivain s'affaisse et reste assis à terre, visiblement heureux de n'être pas tombé dans "la chambre". Il s'agit encore d'un trébuchement, le troisième dans le film, et que ce petit incident semble finalement contredire le véritable désir de l'Écrivain. On peut dire une chose et faire son contraire. Ainsi à la fin de leur périple dans la zone, que peut-on déduire ? L'Écrivain ne veut pas entrer dans la chambre : "je ne déverserai pas sur la tête d'autrui... toutes les saletés de mon âme, pour me pendre ensuite comme Porc-épic. Je préfère me noyer dans l'alcool à notre Club des Écrivains." (Plan 130.)
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[1] Éloïse Mozzani, Le livre des Superstitions, op. cit., p. 1728. Par ailleurs, cf., J. Donner, dans La Nuit des forains (1953) Frost (le clown) dans l'eau qui trébuche devant Alma et les officiers. Ces derniers ont défiés Alma de se baigner nue avec eux. Op. cit., p. 49.
[2] Cf. Gerstenkorn et Strueder, op. cit., p. 78.
[3] Zahan Dominique, Sociétés d'initiation Bambara, Le N'Domo, le Kore, Paris-La Haye, 1960.
[4] Lanao-Villene G., Le livre des symboles, 6 vol. 6, 1, 26. Bordeau-Paris, 1926-1935.
[5]Chevalier/Gherrbrant, Dictionnaire des Symboles, op. cit., p. 476.
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Voir : Stalker
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| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Triangle de Fer (Le) | The Iron triangle | Weston Eric | Bushelman J. A. Hilbrand L. |
1989 | USA | 90' |
| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Apiculteur (L') | Ο Μελισσκομος | Angelopoulos Theo | Angelopoulos T. Guerra Tonino |
1986 | Grèce | 140' |
| Maître (Le) §. Φω. 15 - Plan 41. |
(Voir détail : Mistrz) | Piotr Trzaskalski | Lepianka W. Trzaskalski P. |
2005 | Allemagne Pologne |
117' |
| Nostalghia §. Relation en triangle |
(Voir détail : Nostalghia) | Tarkovski Andreï | Tarkovski A. Guerra T. |
1983 | URSS Italie |
130' |
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La disposition des personnages en triangle joue un rôle non négligeable dans la valeur psychologique du groupe : à droite, c'est la séparation de Spyros avec sa famille. Constatons la position de la mère, sur un palier et celle de Spyros, dans la rue. (Cf. Photogramme – Triangle 1.)
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Photogramme Triangle 1. L’Apiculteur. Plan 10c, La disposition des personnages en triangle. |
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Un peu plus loin dans le film, nous trouvons"un triangle d'amitié", la rencontre de Spyros et de ses amis sur la plage. [1] (Cf. Photogramme – Triangle 2.)
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Photogramme Triangle 2. L’Apiculteur. Plan 43b, "Un triangle d'amitié". |
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[1] Cf. F. Cesarman, les relations triangulaires chez L. Buñuel, op. cit., p. 74 et 87 ; El, 122 ; Nazarin, 137 ; Viridiana, 149.
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L'aspect trinitaire [1] est une constante tarkovskyenne. (…) "Trois est universellement un nombre fondamental. (…) (Il) désigne les niveaux de la vie humaine : matériel, rationnel, spirituel ou divin, ainsi que les trois phases de l'évolution mystique : purgative, illuminative, unitive." [2] (…) "Les Russes accordent à ce chiffre une signification particulière : selon un dicton, "Dieu aime le nombre trois". Toutefois, comme la tradition veut que l'on allume trois cierges lors d'une veillée funèbre, ce chiffre évoque la mort. Selon une règle de l'église orthodoxe, seul le prêtre est autorisé à allumer à la même flammes trois cierges d'un autel." [3]
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[1] Cf. F. Cesarman, les relations triangulaires chez L. Buñuel, op. cit., p. 74 et 87 ; El, 122 ; Nazarin, 137 ; Viridiana, 149.
[2] Éloïse Mozzani, op. cit.,p. 1742.
[3] Chevalier/Gherrbrant, Dictionnaire des Symboles, op. cit., pp. 973-976.
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