Voir : Trébuchement - Génuflexion et lait) -
* * *
| Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Andreï Roublev §. Génuflexion de Kyil, plan 287. |
(Voir détail : Andreï Rublyov) | Tarkovski Andreï | Tarkovski A. Konchalovsky A. |
1969 | URSS | 215' |
| Nostalghia | (Voir détail : Nostalghia) | Tarkovski Andreï | Tarkovski A. Guerra T. |
1983 | URSS Italie |
130' |
* * *
Plan 4 : 5' 46": La Traductrice entre dans une église. Des femmes voilées, agenouillées, prient. Un prêtre entre à gauche du cadre. Il s'adresse à la Traductrice, mais il parle face à la caméra.
_ Le prêtre : "Vous voulez avoir un enfant ou une grâce de ne pas en avoir ? "
_ La Traductrice : "Je regardais seulement".
_ Le prêtre : "Quand il y a quelqu'un de distrait, d'étranger à cette invocation, il ne se passe rien."
_ La Traductrice : "Que devrait-il se passer ?"
_ Le prêtre : "Tout ce que tu veux, tout ce dont tu as besoin. Mais le "minimum" il faut te mettre à genoux.
Les paroles du prêtre sonnent comme un oracle, non pas seulement pour la Traductrice, mais aussi, par extension pour les spectateurs en général. Cela explique l'attitude singulière du prêtre qui parle face à la caméra ou en contre- champ (hors-champ), c'est-à-dire au public. "Le minimum" du discours du prêtre est une donnée centrale du film. Car, quelques secondes plus tard, au :
Plan 6 : 5' 54" : La Traductrice tente la modeste position de la génuflexion. Elle pose son sac sur le sol, se courbe, mais en vain, elle n'arrive pas à se mettre à genoux. (Cf. Photogramme – Génuflexion 1.)
![]() |
Photogramme Génuflexion 1 : Nostalghia, Plan 6 : La traductrice tente en vain de se mettre à genoux. Notez ses longs cheveux sans voiles qui contrastent avec les femmes aux cheveux couverts, au fond de l'image. |
|---|
Pourquoi la génuflexion est-elle si importante ? Pourquoi acquiert-elle cette place privilégiée ? Il suffit de commencer par se mettre à genoux, et elle aura "tout ce qu'elle veut". Cela rappelle "la Chambre des Désirs" dans Stalker. [1] La génuflexion [2] ne propose-t-elle pas une idée de "grandeur" selon son double sens, moral et physique ? En effet, la grandeur "morale" correspond à l'acceptation, la soumission, la révérence, la supplication, et la grandeur physique est une espèce de régression évolutive de l'âge, jusqu'à l'âge où on était enfant. (…) "Car le royaume des cieux est à ceux qui sont comme eux." [3] Cela renvoie à l'étymologie du mot "minimum", qui signifie "très peu, très petit", et enfin au but de sa visite : voir le portrait de la Madone del Prato, de Pierro della Francesca, une Madone monumentale enceinte, entourée de deux petits anges. (Cf. Image - Peinture )
![]() |
Image-Peinture La Madone del Prato, de Pierro della Francesca, 1467 206 x 203 cm. Fresque détachée, restaurée et transférée au musée de Monterchi en Toscane (Italie). |
|---|
D'autre part, "le minimum" s'applique aussi au Poète, comme nous le verrons à la fin du film. Il suffira de traverser avec une bougie allumée la piscine thermale de sainte Catherine de part en part, pour sauver le monde. C'est par cet acte que s'exprimera son geste héroïque, c'est peu de chose pour une si grande tache.
_______________
[1] C'est aussi l'hypothèse de François Ramasse, op. cit., p. 123.
[2] A cause de la "dissection linguistique" du terme, l'interprétation de C. G. Jung mérite d'être signalée : (…) "Si, par humilité, nous nous mettons à genoux, - ce que l'on nomme génuflexion - nous sommes dans la gêne (souligné dans le texte) physique, dans la nudité morale, dans la flexion corporelle ; et si nous le faisons avec attention, nous sommes dans la ré-flexion, donc dans l'EVEIL (en majuscule dans le texte), qui est conciliation des contraires : EVE + IL." Internet : http://www. Cgjung.net/alchimie/1987/novembre.htm
[3] Mathieu 19, 14.
*
Plan 28 : 22' 28" : Réponse oraculaire de la bible, le Poète ouvre la porte de la chambre. La Traductrice est en face de lui, dans l'ombre (Cf. Photogramme – Chambre 2.) :
_ Le Poète : "Tu as frappé ? "
_ La Traductrice : "Pas encore… Je demande Moscou."
_ Le Poète : "Pas encore."
Plan 30 : 22' 50" : Le Poète sort dans le couloir sombre de l'hôtel. Il est dans l'ombre. C'est un être sans ombre, comme s'il n'était pas avec la Traductrice. Quant à elle, nous distinguons nettement son ombre sur le sol du couloir. Une lueur minuscule [1] indique l'interrupteur de la lampe du couloir. Le Poète prend un livre (de poésie) des mains de la Traductrice et entre dans sa chambre, laissant la Traductrice dans le couloir, sans lui dire un mot.
A ce moment-là, la Traductrice va effectuer une étrange génuflexion, qui correspond au départ des athlètes dans une épreuve sportive. Contrairement au plan 6, elle ne posera pas son sac par terre, mais elle le dispose soigneusement derrière son dos. Comme si "les choses étaient derrière elle". Elle compte jusqu'à trois, et au moment du départ, elle trébuche et tombe, à l'instant même où la lumière du couloir s'éteint. Elle rit. [2] (Cf. Photogramme – Génuflexion 2.)
![]() |
Photogramme Génuflexion 2 : Nostalghia, Plan 30 : La traductrice tente une seconde génuflexion, après avoir visité le Poète, mais elle va tomber en riant. |
|---|
_______________
[1] Comme le sera la lueur de la bougie, lors de la traversée de la piscine de sainte Catherine.
[2] Cf. également, François Ramasse, op. cit., p. 124.
*
Voir : Nostalghia
* * * * *
Retour haut de page
* * * * *
Voir : Main (Gestes de main libre et gestes de main articulés par un objet moral.)
| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Moindre Geste (Le) | Moindre Geste (Le) | Deligny Fernand, Manenty José |
2004 | France | 105' | |
| Merci pour le geste | Merci pour le geste | Faraldo Claude | 2000 | France | 90' |
| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Maître (Le) | (Voir détail : Mistrz) | Piotr Trzaskalski | Lepianka W. Trzaskalski P ; |
2005 | Allemagne Pologne |
117' |
| Nostalghia | (Voir détail : Nostalghia) | Tarkovski Andreï | Tarkovski A. Guerra T. |
1983 | URSS Italie |
130' |
* * *
* * * * *
Retour haut de page
* * * * *
| Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Dernière Grenade (La) | The Last Grenade | Flemyng Gordon | Mitchell J., Sherlock J. Ware K. | 1970 | Angleterre | 94' |
| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Miroir (Le) | (Voir détail : Zerkalo) | Tarkovski Andreï | Tarkovski A. Micharine Alex. Et poèmes d’Arseni Tarkovski |
1975 | URSS Italie |
106' |
* * *
Plan 94 : 53' 08": L'adolescent monte un petit escalier, s'assied sur un petit banc, sort de son cartable une grenade et la pose sur la table. A partir de là, tout se précipite : un autre adolescent prend la grenade, quelqu'un d'autre la dégoupille et la laisse rouler le long du petit escalier. L'entraîneur, ayant aperçu la grenade, se projette en avant en faisant tomber ses couvre-chefs.
Plan 104 : 54' 52" : Nous entendons les battements de cur de l'entraîneur. Zoom avant sur la tête de l'entraîneur, sur la surface ronde et rasée du crâne, sur laquelle nous constatons qu'il manque un fragment d'os. Nous apercevons les "battements du cerveau" à travers la peau. (Cf. Photogramme - Grenade 1.) Un adolescent hurle : "elle est à blanc." L'entraîneur se lève et dispose sur sa tête d'abord une calotte métallique de protection, ensuite sa casquette.
![]() |
Photogramme Grenade 1 : Le Miroir, Plan 104 La surface ronde et rasée du crâne de l'entraîneur soulevée par les battements du cerveau. |
|---|
C'est sans doute par l'éclat métallique d'une bombe que l'entraîneur a perdu une petite partie de sa boîte crânienne.
Lire la suite : Plan 107 : "La traversée du lac de Sivas"
*
Voir : Miroir (Le)
* * * * *
Retour haut de page
* * * * *
| Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Titre | Titre original | Réalisation | Scénario | Année | Pays | Durée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Clean, Shaven | Clean, Shaven | Kerrigan Lodge | Kerrigan L. | 1995 | USA | 79' |
| Condamné à mort s’est échappé (Un) | Condamné à mort s’est échappé (Un) | Bresson Robert | Bresson R. Devigny A. (mémoires) | 1956 | France | 89’ |
| Maître (Le) §. Φω. 3 - Plan 4 |
(Voir détail : Mistrz) | Piotr Trzaskalski | Lepianka W. Trzaskalski P ; |
2005 | Allemagne Pologne |
117' |
| Mathilde §. Φω. 27 - Plan 615 §. Φω. 53 - Plan 1195 §. Φω. 56 - Plans 1335 - 1362 |
(Voir détail : Mathilde) | Mimica Nina | Mimica Nina | 2004 | Italie, Espagne, Angleterre, Allemagne | 97' |
| Miroir (Le) | (Voir détail : Zerkalo) | Tarkovski Andreï | Tarkovski A. Micharine A. Et poèmes d'Arseni Tarkovski. |
1975 | URSS | 106' |
| Raging Bull | Raging Bull | Scorsese Martin | Carter J. LaMotta J. Martin M. Savage P. Schrader P. |
1980 | USA | 129' |
* * *
Plan 64 : Fontaine, cherche une corde qui, "puisse supporter un homme. Voilà ce qu'il me fallait." (Il regarde le lit.) "Le grillage du lit me fournit une corde de 40 mètres de fil souple et solide." (Plan 65.) (Cf. Photogramme – Grillage 1.)
![]() |
Photogramme Grillage 1. Un Condamné à mort s’est échappé. Plan 65. Fontaine cherche une corde. |
|---|
"Le premier morceau de corde, je le fabriquai à l'aide du traversin." Avec une lame, il taille le traversin : "Je la tordis fortement, avec un fil de fer enroulé dans le sens opposé, j'ai pu garder la torsion primitive." (Cf. Photogramme – Grillage 2.)
![]() |
Photogramme Grillage 2. Un Condamné à mort s’est échappé, plan 66. Fontaine fabrique une corde. |
|---|
Encore une fois, il y a une transformation dans le sens et la fonction de l'objet. Le grillage de son lit de prison, devient le support "du lit de sa liberté" : une corde entre les deux murs d'enceintes. (Cf. Crochet.) (Cf. Photogramme – Grillage 3.)
![]() |
Photogramme Grillage 3. Un Condamné à mort s’est échappé. Plan 138. Fontaine qui s’approche de la liberté. |
|---|
*
Voir aussi les liens spécifiques du film : Chapeau - Corde - Crochet - Cuillère - Grillage - Main-œil - Porte - Sac-mouchoir
* * *
Cest lépisode de la coquille à limprimerie. (Voir : Mot) Maroussia court sous la pluie. Dans sa course, il y a une prolifération de la figure de grillage, au plan 30, avec un travelling à gauche qui suit la course de Maroussia, le long d'un grillage continu. (Cf. Photogramme – Grillage 4.)
![]() |
|---|
| Photogramme Grillage 4. Le Miroir. Plan 30. Un travelling latéral filme Maroussia qui court le long d'un grillage. |
En ce qui nous concerne, le grillage est une figure pertinente dans le cinéma en général, et dans la cinémancie en particulier. En effet, cette figure obstacle détermine souvent un certain nombre d'indices, souvent stupéfiants. Comme par exemple, dans le film suivant : Raging Bull (1980), de Martin Scorsese.
*
Voir : Miroir (Le)
* * *
Au début du film, Jake est séduit par Vic. Il demande à son frère Joey de la rencontrer. La rencontre a lieu, devant un terrain de basket grillagé. A leur première rencontre, Jake et Vic sont de part et d'autre du grillage. Jake salue Vic en lui tenant le bout du doigt (plan 139, 23' 20"). (Cf. Photogramme – Grillage 5.)
![]() |
|---|
| Photogramme Grillage 5. Raging Bull. Plan 139. La première rencontre de Jake et Vic. |
Encore une fois, l'image présente en un éclair l'étendue de l'avenir qui attend Jake. En effet, comme dans l'image, il sera toujours séparé de Vic, et n'obtiendra d'elle que, "le bout du doigt", c'est-à-dire, une petite partie de Vic, car elle ne lui sera pas fidèle.(Cf. Photogramme – Grillage 6.)
![]() |
|---|
| Photogramme Grillage 6. Raging Bull. Plan 140. En contrechamp, Vic derrière le grillage. |
*
Ce n'est pas fini. Au plan 157, (27' 38") Jake emmène Vic visiter sa demeure. Il lui montre une cage d'oiseau, (Cf. Photogramme – Grillage 7.) en lui disant : "Il y avait un oiseau."
![]() |
|---|
| Photogramme Grillage 7. Raging Bull. Plan 157. Le grillage et la cage, des figures à approfondir. |
Là encore, l'image déclare le triple temps : il annonce le passé et le présent de Jake, l'oiseau est parti, car, "il a l'oiseau dans sa tête". La cage vide annonce aussi, la future maison vide de Jake, puisqu'il vont divorcer.
Retour haut de page