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Liste des Mots      

Eau

Voir : Buée - Bouteille - Verre -

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I - Titres des films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
Ailes de l'Enfer (Les) Con Air West Simon Rosenberg S. 1997 USA 110'
Boudu sauvé des eaux Boudu sauvé des eaux Renoir Jean Renoir J.,
Valentin A.
1932 France 83’
Eaux printanières (Les) Acqua di primavera Skolimowski Jerzy Bonaccorso A.,
Skolimowski J.,
Turgenev I.
1989 France,
Italie
105'
Faro, la reine des eaux Faro, la reine des eaux Traore Salif Lorelle O.,
Traore S.
2008 Mali,
France,
Canada,
Burkina,
Allemagne
93'

II - Autres titres de films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
Enfant sauvage (L') Enfant sauvage (L') Truffaut François Truffaut fr.
Gruault J. d'après le roman Mémoires et rapport sur Victor de l'Aveyron de Itard J.
1970 France 83 ’
Miroir (Le) (Voir détail : Zerkalo) Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Micharine A.
Et poèmes d'Arseni Tarkovski.
1975 URSS 106'
Nostalghia (Voir détail : Nostalghia) Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Guerra T.
1983 URSS
Italie
130'
Révoltés du Bounty (Les) Mutiny on the Bounty Milestone Lewis Reed Carol 1962 USA 178'
Saveur de la pastèque (La) Tian bian yi duo yun Tsaï Ming-liang Tsaï Ming-liang 2005 Chine,
France,
Taïwan
114’
Stalker (Voir détail : Stalker) Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Strougatski A. et B.
1979 URSS 161'
Visiteur (Le)
§. Φω 1. Plan 1.
§. Φω 15. Plan 28.
Muukalainen Valkeapää Jukka-Pekka Forsström J.
Valkeapää J.-P.
2008 Finlande
Angleterre
Allemagne
139'

III - Photogrammes extraits des films - Analyse et liens spécifiques du film.

III - 1. Le Miroir, d’Andreï Roublev, d'Andreï Tarkovski

III – 1. 1. L’Eau en feu

Dès le début du film, l’eau a une valeur importante qui va jouer un rôle considérable. En effet, après la séquence de l’attente, au :

Plan 18 : 13' 08" : Plan rapproché sur Maroussia qui pleure. Un homme crie à l'extérieur. Maroussia sort, les enfants restent à table. Elle revient, elle leur dit : "Le feu, mais ne hurlez pas." Les enfants se précipitent dehors.

Plan 19 : 13' 53" : L'image est immobile. Plan rapproché sur la table. La caméra est fixe en plongée. Tout à coup, le verre d'une lampe à pétrole vacille, tombe par terre. A l'extérieur, au :

Plan 20 : 14' 45" : Maroussia avance vers un puits, elle saisit un seau d'eau suspendu, elle s'asperge le visage, (Cf. Photogramme – Eau 1) et s'assied au bord du puits pour observer le fenil en feu.

Le Miroir, d’Andreï Tarkovski .Photogramme Eau 1 : Plan 20.
Photogramme – Eau 1 :
Le Miroir,
Plan 20.
La mère qui s'asperge la tête d'eau du puits, avant de s'asseoir et de regarder le feu au fenil.

L'accumulation et la cristallisation dans un temps court, d'un certain nombre d'indices irrationnels, étranges et insolites sont des données significatives pour la cinémancie. Ainsi, si nous reprenons dans l'ordre la suite des indices, nous avons :
- Plan 11 : la clôture s'effondre ;
- Plan 12 : le buisson agité ;
- Plan 15 : le livre qui tombe ;
- Plan 17 : le chat noir qui lape le lait renversé ;
- Plan 19a : le verre de la lampe à pétrole qui tombe.

L'épisode commence par Maroussia qui regarde des champs verts, et se termine par l'image de l'héroïne qui contemple un fenil en feu rouge. Notons à ce propos le fait significatif au plan précédent : elle asperge son visage de quelques gouttes d'eau devant l'énorme feu. En revanche, dans l'épisode suivant, elle plonge la tête, d'une manière étrange dans une bassine d'eau. L'eau et le feu vont devenir les éléments de liaison entre les épisodes et particulièrement entre les deux premiers, puisque dans le premier épisode, Maroussia attendait son mari, et dans le second elle est avec son mari, qui va lui verser de l'eau sur la tête. (Voir : Danse et cheveux.)

Or, dans le premier épisode, l'eau se réduit à quelques gouttes, et le feu est très intense. C'est en fait, toute la "maison" qui brûle, dans son sens psychanalytique, "sa maison", son chez-soi, c'est cela qui brûle. Et au début du second épisode, "Le rêve d'Aliocha", "la maison" est en quelque sorte inondée, "la maison" part littéralement en morceau, des morceaux de plâtres du plafond. (Cf. Photogramme – Eau 2.)

Le Miroir, d’Andreï Tarkovski .Photogramme Eau 2 : Plan 25.
Photogramme – Eau 2 :
Le Miroir,
Plan 25.
Des morceaux de plâtres commencent à tomber dans la chambre.

Mais au plan 25, le feu est réduit à une petite flamme minuscule. En fait, Tarkovski présente une composition en équation par analogie de contraste. Ne s'agit-il pas "d'équation amoureuse" ? La passion amoureuse est-elle hors mariage ? La passion amoureuse est-elle au détour d'un chemin ? Il est émouvant de voir qu'avec l'étranger le feu est bouleversant, et avec son mari, le feu est discret. Et, c'est précisément ce que nous allons voir.

III – 1. 2. Eau et cheveux : métaphore du feu

Plan 24 : 16' 57" : Première brève apparition du père : gros plan rapproché rapide, il est debout, il verse de l'eau sur la tête de son épouse. (Cf. Photogramme – Eau 3.)

 Andreï Tarkovski, Le Miroir. Photogramme Eau 3 : Plan 24a.
Photogramme Eau 3:
Le Miroir
Plan 24a
Une apparition fugace du « père », versant de l'eau sur la tête de son épouse.

Maroussia est accroupie devant une bassine d'eau remplie jusqu'au bord. Ses longs cheveux flottent dans l'eau. La scène est particulièrement inquiétante et bouleversante. En effet, nous avons l'impression, d'avoir le double d'une tête qui émerge de l'eau, une tête "miroirisée". Mieux encore, c'est comme une deuxième personne qui surgit de l'eau, une personne qui avale l'autre, qui l'aspire. (Lire la suite : Danse et cheveux).

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III – 1. 3. Liens Spécifiques du film

Voir : Miroir (Le)

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III – 2. Nostalghia d’Andreï Tarkovski

III – 2. 1. L’eau de « La Maison de la fin du monde »

Plan 50 : 50' 56" : Le Poète entre dans une grande salle, accompagné de la chienne du "Fou", Zoé. Le toit de la salle est ajouré par endroits. Il pleut intensément. L'eau tombe abondamment dans la demeure-grenier. Long travelling de droite à gauche. Arrêt de l'image sur une énorme flaque d'eau, Zoé se couche au milieu de la flaque. (Cf. Photogramme – Eau 4.)

 Andreï Tarkovski, Nostalghia. Photogramme Eau 4 : Plan 50. Photogramme Eau 4 :
Nostalghia,
Plan 50.
Dans la grande salle, la chienne Zoé s'allonge au milieu d'une flaque d'eau.

Plan 54 : 53' 24" : Trois bouteilles posées au sol. Elles sont à peine remplies d'eau. Des gouttes d'eau tombent du plafond, et par intermittence quelques gouttes entrent dans la bouteille. [1]

Plan 55 : 53' 55" : Retour aux deux hommes.
_ Le Fou (en voix off) : "Il faut avoir des idées plus grandes." [2]
_ Le Poète : "Comment ?"
Le terme ici n'est pas à considérer d'une manière interrogative, mais d'une manière exclamative. En effet, le Poète était encore perdu dans ses pensées (dans son passé). [3]

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[1] Ce plan suggère une vision de la communication tarkovskienne. La pluie traverse "le toit d'un individu", certaines gouttes tombent dans son âme, représentée par les bouteilles. Nous pouvons appliquer au cinéma l'équation suivante : une bouteille = un individu. Il en va ainsi, avec la bouteille de vin qui tombe dans Le journal d'un curé de campagne, la carafe de lait dans Le Miroir. La bouteille de lait dans Nostalghia (Photogramme Lait 3, Plan 65) L'incursion de l'imagination dans un objet passe par une constante métamorphose de ce type.
[2] Cette phrase ressemble à la réponse du prêtre à l'intention de la Traductrice, au IIème épisode, plan 10. Cette dernière lui dit :
_ La Traductrice : "Pourquoi les femmes prient autant ?"
_ Le prêtre : "Moi je suis un simple homme. Une femme sert à avoir des enfants, à les élever avec patience et sacrifice."
_ La Traductrice : "Elle ne sert qu'à ça."
_ Le prêtre : "J'en sais rien. Il y a des choses plus importantes."
[3] Nous remarquons que cette subtile nuance propose une variante de "clédon", comme d'ailleurs celle du "Fou", à l'entrée de la maison. Quand le Poète lui dit : "je sais pourquoi vous avez fait ça !" "Le Fou" répond : "le vélo !"

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III – 2. 2. « L’eau qui fume »

Plan 56 : 54' 14" :
_ Le Fou : " J'étais égoïste… Je voulais sauver ma famille… Il faut sauver le monde, le monde entier." (56b)
_ Le Poète : "Comment ?" Maintenant le terme est un adverbe interrogatif. La question devient : "Comment sauver le monde ?"
_ Le Fou : "C'est simple… Tu vois cette bougie." Il éteint une petite bougie qu'il tenait à la main. " Traverse l'eau avec la bougie allumée."
_ Le Poète : " Quelle eau ?"
_ Le Fou : " L'eau chaude, la piscine de Sainte Catherine, celle qui fume. "
_ Le Poète : " Bon, quand ? "
_ Le Fou : " Tout de suite… (…) Moi, je ne peux pas… On me crie "tu es fou."

Plan 57 : 56' 02" :
_ Le Poète : " Très bien."
_ Le Fou : (En criant.) " Très mal."

Autre subtilité du discours. Car, quand le Poète dit : "Très bien", c'est pour dire : " J'irai dans la piscine." Mais "le Fou", rectifie le sens. En effet dans la suite du dialogue, la réplique du Poète est une affirmation de ce que les gens disent à son propos. Par ailleurs, ce dialogue évoque un fait superstitieux pour sauver le monde. Comment ? D'abord par la "vision" : "Tu vois cette bougie." Ensuite par la traversée d'une piscine sanctifiée, et enfin par la combustion de la bougie, dont la flamme évoque l'idée de purification par le feu. " Elle symbolise la vie dont Macbeth parle d'ailleurs comme d'une "brève bougie." [1]

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[1] Éloïse Mozzani, Le Livre des Superstitions. Mythes, Croyances, Légendes, op. cit., p. 257 sq.

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III – 2. 3. L'église inondée - Pré-figuration et trans-figuration : Le poème, la plume et l'ange : figures ascensionnelles

Plan 83 : 1h 17' 40" : C'est un plan rapproché d'une fontaine d'où jaillit une eau abondante (83a).(Cf. Photogramme – Eau 5.)

 Andreï Tarkovski, Nostalghia. Photogramme eau 5 : Plan 83a. Photogramme Eau 5 :
Nostalghia ,
Plan 83a.
Plan rapproché d'une fontaine d'où jaillit une eau abondante.

L'abondance des eaux contraste vigoureusement, d'une manière visuelle et auditive, avec le lait et le sang parcimonieux de l'épisode précédent. Le Poète, visiblement saoul, marche en titubant dans une église en ruine, inondée. Il est mouillé jusqu'au genou. Un livre à la main, il récite un poème, d'un ton grave, et d'une façon discontinue : (83b) (Voir : plume)

Plan 84 : 1h 18' 30" : Intérieur de l'église inondée. D'un côté d'un mur en ruine apparaît une petite fille qui se cache aussitôt que le Poète entre dans l'église. (84a) Sous un autre angle, et d'un autre côté de l'église, la petite fille apparaît de nouveau. (84b)

Plan 85 : 1h 19' 06" : Le Poète ne s'aperçoit pas de la présence de la petite fille. Il laisse tomber le livre. Il fait un petit feu, il boit de la vodka. Il pose le gobelet près du feu, le gobelet vacille, il le retient à la dernière seconde. Soudain, il remarque la petite fille : (85b) " Que fais-tu ici, tu as peur. (Plan 86.)

Plan 87a : 1h 20' 25" : "C'est moi qui devrais avoir peur de toi." Le Poète est saoul. Lui, d'habitude si réservé, si laconique, se met à parler sans arrêt. Il commence par raconter une histoire à la petite fille. Adossé à un petit poteau au milieu de l'église, le Poète pose son gobelet de vodka au bout d'un poteau flanqué au milieu de l'église, sans aucune raison apparente. Comme si le poteau (axe du monde) au plan 1 commençait à émerger ? (87c) (Cf. Photogramme – Eau 6.)

 Andreï Tarkovski, Nostalghia. Photogramme Eau 6 : Plan 87c. Photogramme Eau 6 :
Nostalghia ,
Plan 87c.
Le Poète saoul au milieu de l'église inondée, près d'un petit poteau.

Il se met à parler seul (…) Il s'adresse à la petite fille (87d) :
_" Comment t'appelles-tu ? "
_ La petite fille (off) : " Angela. "
_ Le Poète : "Angela, bravo…"
(89) Il veut se débarrasser de la cigarette suspendue à sa bouche, mais, cette dernière étant humide, le bout de la cigarette se détache du filtre, qui reste collé dans sa bouche. Ce bout de cigarette ne suggère-t-il pas le bout de la bougie ?

Plan 90 : 1h 24' 01" : La petite fille s'installe dans une structure de l'ordre d'une "annonciation", d'une "apparition". (Cf. Photogramme – Eau 7.)

 Andreï Tarkovski, Nostalghia. Photogramme Eau 7 : Plan 90b. Photogramme Eau 7 :
Nostalghia ,
Plan 90b.
La disposition particulière de la petite fille, assise sur un petit rocher.

C'est sous le regard de la petite fille pythique que s'accomplit l'opération de la "participation mystique" ou de l'accomplissement de l'intégration du "Bush soul" du Poète par le Fou : à partir d'un changement vocal. L'apparence physique reste identique, mais la voix (du Poète-off) est devenue celle du "Fou", et inversement dans le songe (à venir) du Poète, c'est par la voix du "Fou" qu'il s'exprime. D'ailleurs la voix du "Fou" commence à s'exprimer, [1] sur un long plan fixe de la petite fille assise sur le petit rocher.

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[1] (Voix-off du Fou ) " …Ma vue s'obscurcit, ma force… Deux dards occultes adamantines… L'ouie se trouble pour le tonnerre lointain de la maison paternelle. (…) Dans mon dos resplendissent deux ailes… Dans la fête, chandelle… Je me suis consumé.(…)

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III – 2. 4. L'importance des objets : aspect de miniaturisation/monumentalisation

Lire la page

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III - 2. 5. Liens spécifiques du film

Voir : Nostalghia

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III - 3. 1. L'eau dans Stalker d’Andreï Tarkovski

Plan 15: 14' 55" : Le Stalker et l'Écrivain se rendent au bar, ils sont attendus par le Professeur. Avant d'entrer dans le bar, et en montant les quelques marches d'un escalier, l'Écrivain trébuche, glisse et tombe un genou à terre : "(râlant) C'est plein de flotte ici.". Ce court plan nous révèle deux indices. Le premier indice est la génuflexion involontaire de l'Écrivain. Le second indice c'est la raillerie de l'Écrivain, sur "la flotte". En effet, cela n'est que le début, comme nous allons le voir, il sera souvent mouillé.

Comme par exemple, au plan 107a, l'Écrivain descend dans la "flotte" qui monte jusqu'à ses épaules, les mains tendues en avant.

Andreï Tarkovski, Stalker. Photogramme Eau 8.
Photogramme Eau 8 :
Stalker
Plan 107a
L'Écrivain descend dans la "flotte" qui monte jusqu'à ses épaules, les mains tendues en avant.

Ou encore, quand il est devant le puits.

Andreï Tarkovski, Stalker. Photogramme Eau 9.
Photogramme Eau 9 :
Stalker
Plan 116a
L'Écrivain devant le puits.

Par ailleurs, l'image qui couronne l'apothéose du sac à dos du Professeur est le plan 107b, lorsque pour passer une partie immergée, il tient le sac au-dessus de sa tête, comme un calice suprême.

Andreï Tarkovski, Stalker. Photogramme Eau 9.
Photogramme Eau 9 :
Stalker
Plan 107b
Le professeur porte haut son sac, comme un calice. Comparez la position des mains du Professeur et de l'Écrivain.( Plan 107a)

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III - 3. 2. Liens Spécifiques du film

Voir : Stalker

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Échelle

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I - Titres des films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
Échelle de Jacob (L') Jacob's Ladder Adrian Lyne Bruce Joel Rubin 1990 USA 115'

II - Autres titres de films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
Grand McLintock (Le) McLintock ! McLaglen Andrew V. Grant J. E. 1963 USA 127'
Nostalghia (Voir détail : Nostalghia) Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Guerra T.
1983 URSS
Italie
130'
Retour (Le) Vozvrashcheniye Zvyaguintsev Andreï Moïseenko V.
Novotoski A.
2003 Russie 105'

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III - Photogrammes extraits des films - Analyse et liens spécifiques du film

III - 1. Nostalghia, d'Andreï Tarkovski

Plan 46 : 45' 05" : (Passage à la couleur depuis le plan 45.) En voix-off, le Fou interpelle le Poète : "Où es-tu ? Viens. " Ils entrent dans une autre grande pièce. Long travelling de droite à gauche. La première chose qu'on aperçoit est un étrange parapluie en lambeau, comme s'il avait fait office de paratonnerre. Il est suspendu à une échelle. (46b) (Cf. Photogramme 1. )

C'est une idée du mystère de sainte Catherine. C'est un indice qui suggère une altération convergente du paradoxe de sainte Catherine. Il anticipe aussi l'immolation finale du "Fou".

 Andreï Tarkovski, Nostalghia. Photogramme Échelle 1 : Plan 46b. Photogramme Échelle 1 :
Nostalghia ,
Plan 46b.
Le parapluie en lambeau suspendu à l'échelle.

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III - 2. Liens spécifiques du film

Voir : Nostalghia

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Enfance

Voir : Les valeurs des contes de fées d'après Bettelheim

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I - Titres des films

Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
Enfance d'Ivan (L’) Ivanovo Detstvo Tarkovski Andreï Bogomolov V.
Papava M.
1962 URSS 95'
Enfant sauvage (L') Enfant sauvage (L') Truffaut François Truffaut fr.
Gruault J. d'après le roman Mémoires et rapport sur Victor de l'Aveyron de Itard J.
1970 France 83 ’

II - Autres titres de films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
Andreï Roublev (Voir détail : Andreï Rublyov) Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Konchalovsky A.
1969 URSS 150'
Mathilde
§. Φ ω. 10, 11 - Plans 122 - 135
(Voir détail : Mathilde) Mimica Nina Mimica Nina 2004 Italie, Espagne, Angleterre, Allemagne 97'
Retour (Le) Vozvrashcheniye Zvyaguintsev Andreï Moïseenko V.
Novotoski A.
2003 Russie 105'
Visiteur (Le) Muukalainen Valkeapää Jukka-Pekka Forsström J.
Valkeapää J.-P.
2008 Finlande
Angleterre
Allemagne
139'

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III - Photogrammes extraits des films - Analyse et liens spécifiques du film

III - 1. Andreï Roublev, d’Andreï Tarkovski

On suppose que le Ier épisode du film, correspond à "l'enfance" de Roublev, comme un rêve indescriptible, dramatique et intense.

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III - 1. 1. Andreï Roublev et l’enfance

Plan 150-8 : 1h 13' 27" : Plan général de l'intérieur de l'église. Thomas impatient de la longue hésitation de Roublev part fâcher en emmenant ses affaires.

Plan 151-9 : 1h 14' 18" : La réponse de Roublev au concept de Théophile constitue le 3ème monologue du film. Elle a son foyer dans l'enfance. Cadrage en plan rapproché sur Roublev. Travelling de gauche à droite (comme pour le cavalier noir). Et, à partir de là, les prises de vues changent. Nous avons une seconde espèce de dissociation de la bande son et de la bande image. (Cf. Photogramme - Tableau) Elle n'est pas tout à fait identique à celle de la Passion du Christ. Il commence son monologue, qui annonce, (…) "le texte de saint Paul qui sera la source d'inspiration des fresques entreprises" [1] : "Quand j'étais un enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je jugeais comme un enfant. Désormais notre perception n'est pas directe. Le monde semble reflété dans une boule de cristal. Je ne connais plus qu'en partie. Je ne connaîtrais pas le monde que si je me connais. Je suis visité par les trois grâces. (La foi, l'espérance, l'amour.) Mais l'amour surtout. Si je parle comme un homme ou comme un ange, sans amour …"

Bande Image Bande son
Plan 152-10 Gros plan sur la surface calcinée d'un tronc d'arbre (l’ancien modèle de peinture brûlée ?) Zoom arrière avec amorce de plan dynamique : Andreï Roublev est à l'extérieur, touchant la surface calcinée de l'arbre. (Suite du monologue, sans interruption.) " Alors je suis le bronze, je suis le glaive."
Plan 153-11 La caméra contourne l'arbre calciné, pour nous montrer, seul, habillé avec élégance, le Grand Prince. C'est sa première apparition.
Le Grand Prince contourne un énorme pilier blanc de gauche à droite, il avance ensuite vers nous.
…"Si j'étais un prophète initié à tous les secrets."

…"Un savant versé dans la foi. Je ne pourrais déplacer la montagne."
Plan 154-12 Le Grand Prince est à l'intérieur de l'église, près d'une curieuse machine, très étrange. …"Mais sans amour je ne serais rien, que je donne tous ce que je possède, (…) Sans posséder l'amour, alors mon don ne servira à rien.

Comme d'habitude, chez Tarkovski les images portent le texte vers des horizons en perspectives : dès que Roublev caresse l'arbre calciné, il dit : "je suis le glaive," et aussitôt nous faisons connaissance avec le Grand Prince. Aucune solennité, aucun enthousiasme, le Grand Prince de la Russie, "le glaive de l'église", isolé, sans cour, sans cérémonie. Il est aussi seul que le pilier colossal qui exprime l'idée du poids de l'église, mais aussi le poids de son frère qu'il doit contourner. La valeur du poids du pilier est métamorphosée dans la complexité de l'étrange machine. Cependant, pour exprimer la légèreté et la douceur de l'amour, il introduit directement un enfant. (Fin de la dissociation bande-image et bande-son.)

Plan 155-13 : 1h 15' 43" : C'est une petite fille blonde (elle est peut-être la fille du Grand Prince) habillée d'une longue tunique blanche comme un ange. Elle asperge Roublev avec du lait. Le baptême divin. Il lui dit en riant : "c'est un pêché de jouer avec du lait. C'est une bêtise." Il la porte dans ses bras : "essuie-moi."

Nous avons vu quelques aspects de la figure universelle du lait dans Nostalgia, plus précisément une bouteille de lait qui se renverse dans la rue. Cette image suggère une charge maternelle, subitement libérée. Dans Stalker, l'image semble suggérer l'union des contraires dans l'homme et dans la nature. Dans Le Miroir, nous retrouvons la figure du lait à deux moments de la fin du film, où le lait se perd soit goutte à goutte, soit en petites giclées. C'est un "lait secoué", une "maternité agitée". Ici, la petite fille asperge sa propre nourriture qui contribue en quelque sorte à sa croissance. L'image semble exprimer la pureté de la "nourriture céleste" de Roublev dans son développement spirituel. Elle est confirmée par le plan suivant :
Plan 156-14 : 1h 15' 52" : Plan général à l'intérieur de l'église. Une neige fine tombe. Au Grand Prince qui demande à Roublev son avis sur les fresques, ce dernier répond : "c'est léger, c'est beau." Nouveau cadrage sur le Grand Prince et gros plan sur l'étrange machine (plan 157). S'intercalent ensuite les séquences que nous avons mentionnées ailleurs :
Plan 158-16 : 1h 17' 57" : A propos du métier et de la gloire du Grand Prince. Et,
Plan 162-20 : 1h 19' 13" : Andreï Roublev dessinant le saint terrassant un dragon.

Cette 3ème partie correspond à la relation de Roublev et du Grand Prince. Les plans sont aussi complexes que l'étrange machine. Ils semblent indiquer la complexité de la relation entre les deux hommes. Notons qu'avec l'apparition du Grand Prince, les travaux ont bien avancé. (Voir : Absence d’Andreï Roublev)

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[1] Farago F. "La réalité plénière du spirituel, Andreï Roublev", Andreï Tarkovski, Etudes Cinématographiques, op. cit.,p. 38.

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I - 2. Liens spécifiques du film

Voir : Andreï Roublev

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Épluchure

I - Titres des films

Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée

II - Autres titres de films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
Miroir (Le)
§. Lait et épluchures
(Voir détail : Zerkalo) Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Micharine A.
Et poèmes d'Arseni Tarkovski.
1975 URSS 106'
Viridiana Virdiana Buñuel Luis Buñuel L.
Alejandro J.
1961 Mexique
Espagne
90'

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III - Photogrammes d'extrait de film.

III – 1. L’épluchure dans Viridiana de Luis Buñuel

Viridiana épluche une orange. L'épluchure forme en se déroulant une longue spirale. (Cf. Photogramme – Épluchure 1 ) Elle pose le fruit sur une soucoupe et la porte à don Jaime, qui est assis près de la cheminée.

Buñuel, Viridiana.Photogramme épluchure 1
Photogramme Épluchure 1 :
Viridiana,
Plan 40a.
Viridiana qui épluche une orange.

Don Jaime est en train de nettoyer ses pipes. Il les abandonne pour admirer la spirale : "Je n'ai jamais su faire çà, je suis très nerveux." (Cf. Photogramme – Épluchure 2)

Buñuel, Viridiana.Photogramme épluchure 2
Photogramme Épluchure 2 :
Viridiana,
Plan 40b.
Don Jaime admiratif devant l’épluchure d’orange.

Encore une problématique à inclure dans le cadre de la géométrie cinémantique. Ne peut-on pas voir dans cette forme une espèce de déroulement de la destinée ?

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Voir aussi les liens spécifiques du film : Abeille - Cendre - Chat - Colombe - Corde - Couronne - Épluchure - Lait

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Escalier

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I - Titres des films

Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
Escalier C Escalier C Tacchella Jean-Charles Tacchella Jean-Charles , Murail Elvire 1985 France 142'

II - Autres titres de films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
A travers le Miroir Såsom i en spegel Bergman Ingmar Bergman Ingmar 1961 Suède 89’
Andreï Roublev (Voir détail : Andreï Rublyov) Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Konchalovsky A.
1969 URSS 215'
Autant en emporte le vent Gone with the Wind Fleming Victor,
Wood Sam,
Cukor George
Howard Sidney 1939 USA 224'
Grand McLintock (Le) McLintock ! McLaglen Andrew V. Grant J. E. 1963 USA 127'
Nostalghia (Voir détail : Nostalghia) Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Guerra T.
1983 URSS
Italie
130'
Révoltés du Bounty (Les) Mutiny on the Bounty Milestone Lewis Reed Carol 1962 USA 178'

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III – Photogrammes d'extraits de films.

III – 1. Andreï Roublev, d’Andreï Tarkovski

Voir :

§. Une femme nue qui s'amuse à sauter à travers la fumée d'un petit feu, situé au bas d'un escalier -

*

C’est le VIe épisode, celle du cheval noir sur l’escalier (plans 232-233). (Cf. Photogramme – Escalier 3.)

 Andreï Tarkovski, Andreï Roublev. Photogramme Escalier 3. Plan 232.
Photogramme Escalier 3 :
Andreï Roublev
Plan 232.
Le cheval sur l’escalier.

L'escalier, [1] est une figure qu'on aperçoit souvent dans les films. Lieu de passage obligé, espace en suite de degrés, espace en arêtes, en dents de scie volumétrique. Il propose une certaine signification : (…) "Symbole ascensionnel classique. (…) Il participe de la symbolique de l'axe du monde, de la verticalité et de la spirale. (…) Comme tous les symboles de ce type, l'escalier revêt un aspect négatif : la descente, la chute, le retour au terre à terre et même au monde souterrain. Car l'escalier relie les trois mondes cosmiques et se prête aussi bien à la régression qu'à l'ascension ; c'est tout le drame de la verticalité qu'il résume." [2] A la lumière de ce que nous venons de dire, nous obtenons l'équation suivante : le cheval noir / la foule tombe de l'escalier / axe du monde. Ainsi, le Tatar ne transperce pas uniquement le cheval, il traverse l'ensemble de l'équation. En fait, il croise sa lance dans l'axe du monde. Le centre du croisement est situé dans le cœur de l'animal, qui est, par développement et prolongation par rapport aux plans suivant, le cœur de l'église. Au :
Plan 240-57-7 : 1h 47' 37" : La muette est emmenée sur le dos d'un envahisseur à un étage supérieur. Roublev monte à son tour. Nous entendons un coup violent. Un casque dégringole le long de l'escalier. Cette image complète la figure de l'escalier du plan 233. C'est en haut de l'escalier que Roublev commettra un homicide pour délivrer la muette d'un viol certain, de plus, cet homicide est commis à l'intérieur d'une église. Est-ce que Roublev devient un ange exterminateur ? En effet, il monte l'escalier d'un trait, deux marches à la fois, sans aucune hésitation. Le casque qui dégringole est une représentation de la tête fracassée de l'envahisseur. L'image s'arrête un instant sur le casque au sol.

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[1] Cf. J. Mitry, tome 1, Les escaliers permettaient une (...) "symbolique de l'espace", "Les escaliers, éléments essentiels des structures architecturales de Gordon Graig, (…) On devait les retrouver plus tard (…) dans les mises en scène monumentale de Fritz Lang." op. cit., p. 224-225 ; L'escalier d'Odessa dans le Cuirassé Potemkine, de Serge Eisenstein, pp. 377, 379. G. Deleuze, l'escalier d'Odessa, tome 1, op. cit., p. 52. R. Dadoun, L'escalier dans The servant, de Joseph Losey, op. cit., p. 102. Odile Bâchler, "En Prenant l'escalier", in Cinéma et architecture, Iris N° 12, Editions Méridiens Klincksieck, 1991. pp. 85-94.
[2] Chevalier/Gherrbrant, Dictionnaire des Symboles, op. cit., pp. 413, 414. Cf. également, G. Durand, op. cit., pp. 140 et 279.
[*] Le premier chiffre correspond aux plans du film depuis le début du film, le second chiffre aux plans du film depuis le début de l'épisode et le troisième chiffre aux plans depuis le début d’une partie.

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III - 1. 2. Liens spécifiques du film

Voir : Andreï Roublev

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III – 2. A Travers le Miroir, d’Ingmar Bergman

La crise de Karen éclate au bas de l'escalier, son père et son mari tentent de la tenir, pour lui faire une piqûre.

Bergman, A Travers le Miroir. Photogramme Escalier 1, plan 175. Photogramme Escalier 1. A travers le Miroir,
plan 175.

La crise de Karen.

Redevenu calme, Karen dit à Minos :
_ "J'ai eu peur, la porte s'ouvrit, le Dieu qui apparût, était une araignée. (…) Elle grimpa sur moi et voulut me pénétrer… J'ai vu Dieu." Au fond de l'image nous distinguons le modèle réduit d'un bateau accroché au plafond.

Bergman, A Travers le Miroir. Photogramme Escalier 2, plan 177. Photogramme Escalier 2. A travers le Miroir,
plan 177.

Karen : _ J’ai vu Dieu.
Le modèle réduit d'un bateau accroché au plafond n'est-il pas troublant.

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Voir aussi les liens spécifiques du film : lait sur mer (plan 19) → doigt blessé (26) → [mains du père écartés en croix (32)] → [œil ouvert de Karen (59)] → [manteau 1 et 2 (62, 70)] ? danse de Karen (plans 73a-d) → [tête en bas, Minos (92)] → escalier (177) → main-œil Karen cherchant un cahier (94) → crachat Minos (111) → [cheveux de Minos tirés par K. (127)] → l'épave (plan 132) → escalier 1 et 2 (175-177)
(*) : [Les plans entre crochet ne sont pas inclus dans le Dictionnaire.]

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III – 3. Nostalghia, d’Andreï Tarkovski

III – 3. 1. L’escalier de « La Maison de la fin du monde »

C'est la séquence de la libération de "la maison de la fin du monde"de la famille du "Fou" par les gendarmes. Elle se déroule de la manière suivante : la femme du "Fou", tenant son enfant, sort enfin de la maison. Ils descendent un escalier (plan 61). Plan rapproché de Zoé, la chienne (plan 62). Les gendarmes empêchent les gens de s'approcher de la maison (plan 63). C'est au tour du Fou de descendre tristement les escaliers (plan 64).
Plan 65 : 1h 00' 13" : (8ème flash-back, en noir et blanc.) La femme du "Fou" se jette aux pieds d'un gendarme. Près des pieds du gendarme, une bouteille de lait tombe, et le lait se répand dans la rue.
Plan 66 : 1h 00' 22" : La mère s'agenouille devant le gendarme. Le père poursuit son petit enfant le long du perron de l'église : l'action commence en fait par la montée de quelques marches d'escalier. (66a) L'enfant court non pas directement sur le perron de l'église, mais le long d'une marche d'escalier. Enfin, le père et le fils descendent l'escalier opposé. [1] (Cf. Photogramme – Escalier 4.)

 Andreï Tarkovski, Nostalghia. Photogramme Escalier 4 : Plan 66c. Photogramme Escalier 4 :
Nostalghia,
Plan 66c.
Le père et le fils descendent l'escalier de l'église.

L'image du père qui poursuit son enfant, semble suggérer "la poursuite de l'enfance", de l'innocence, de la pureté, comme l'évoque d'ailleurs la blancheur du lait , et cela malgré la brièveté des plans en flash-back, (moins de 2 minutes) qui s'oppose à la longueur de "la maison du fin du monde" (presque 20 minutes). C'est grâce à une technique remarquable dans le rendu d'un souvenir douloureux, que le réalisateur présente l'absurdité du "Fou" ; celui ci a emprisonné sa famille pendant sept ans. Cette technique s'appuie essentiellement sur deux figures : le lait et l'escalier. Cette dernière figure est récurrente dans les plans en flash-back. En effet, les plans nous montrent les protagonistes qui descendent quelques marches d'escalier, jusqu'au plan 66. Le plan 66 est en somme une synthèse de "la maison de la fin du monde". Une courte ascension, un long plateau et une descente. Ici se dessine une courbe "visuelle" de l'état psychologique du Fou. [2]

Plan 67 : 1h 01' 04" : Une petite note d'espoir émerge de ces flots de souvenirs : passage du noir et blanc en couleur. La voiture de la Traductrice qui descend le flanc d'une colline. En voix-off, nous entendons l'enfant qui dit à son père : "papa, c'est ça la fin du monde ?" Transition avec le plan suivant, en couleur, de la petite fille qui regarde son père, espérant une réponse. C'est peut-être ici qu'éclate l'absurdité du "Fou" : avoir persuadé ses enfants de sa sinistre obsession, ou encore, rendre l'enfant témoin de sa névrose.

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[1] Il faut noter du point de vue "topologique" la ressemblance de ce plan avec le 1er plan du prologue.
[2] Il en est de même dans le prologue.

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III – 3. 2. Passages et messages

Plan 103 : 1h 38' 18" : Rome. Dans une place publique, nous entendons d'abord, en voix-off, le "Fou" discourir. L'auditoire est peu nombreux, les gens sont éparpillés, les uns sont loin des autres. Plan général d'un escalier monumental, les gens sont disposés en diagonale. (Cf. Photogramme – Escalier 5.)

 Andreï Tarkovski, Nostalghia. Photogramme Escalier 5 : Plan 103b. Photogramme Escalier 5 :
Nostalghia,
Plan 103b.
La disposition particulière des gens sur l'escalier monumentale : c'est une suggestion d'une "diagonale des fous".

Il y a ici une suggestion de "la diagonale des fous". "Le Fou" se tient en hauteur sur un échafaudage qui est destiné à la rénovation d'une statue équestre monumentale représentant Marc Aurèle. Il se tient comme le conducteur de cette foule hétéroclite. Après un long discours, il jette des feuilles de papier (plan 104).(Voir : Bougie.)

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III – 3. 3. Liens Spécifiques du film

Voir : Nostalghia

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Excrément

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I - Titres des films

Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée

II - Autres titres de films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
1900
§. Olmo qui fait manger à Attila des excréments de cheval
Novecento Bertolucci Bernardo Arcalli F.
Bertolucci B.
1976 Italie 310'
Caramel Sukkar banat Labaki Nadine Labaki Nadine 2007 France 96'
Dérapage contrôlé Electra Glide in Blue Guercio James William Boris R. 1973 USA 114'
Lettre d’Iwo Jima Letters from Iwo Jima Eastwood Clint Haggis P.
Kuribayashi T.
Yamashita I.
Yoshido T.
2007 USA 139’
Marathon Man Marathon Man Schlesinger John Goldman W. 1976 USA 125'
Pulp Fiction Pulp Fiction Tarentino Quentin Avary R.
Tarentino Q.
1994 USA 154'
Riaba ma Poule Kurochka Ryaba Konchalovsky Andreï Konchalovsky A.
Merezhko V.
1995 France,
Russie
117'

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III – Photogramme d'extrait de film.

III – 1. Riaba ma poule, d’Andreï Konchalovsky

Serioga se soulage dans la fosse d'aisance, il remet son pantalon (plan 251) . Son porte-feuille tombe de la poche arrière de son pantalon, dans le trou des toilettes (plan 252). Il se couche et tente du bout du bras, de récupérer son porte-feuille (plan 257). Il tombe dans les latrines :
_ "Putain, nom de dieu ! Où j'suis tombé ?"(Plan 265).

Konchalovski, Riaba ma Poule. Photogramme excrément 1 : plan 265. Photogramme Excrément 1 :
Riaba ma Poule ,
Plan 265.
Serioja qui tombe dans les latrines.

Rappelons que Serioga est poursuivi par la milice de la ville, pour avoir volé de l'argent et un œuf en or…

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IV - Superstition

• (…) "Les excréments, qui éloignent les mauvaises influences, sont souvent associés à la chance et à la richesse : on sait que marcher involontairement dans une crotte est de bon augure, et signe d'argent, ce qui vient peut-être de l'ancien terme "ordure", qui comprend le préfixe "or".

• (…) "Se trouver taché, d'une manière ou d'une autre, par des matières fécales est de bon augure. Selon l'adage anglais : "Là où il y a de la "merde", il y a de la chance." [1]

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[1] Éloïse Mozzani, Le livre des Superstitions, op. cit., p. 687.

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Extérieur

" L'état psychique apparaît comme dépendant de ce qui se passe au-dehors."
C. G. Jung, Synchronicité et Paraclesica p. 43.

Voir : Arrivée -

I - Titres des films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
Extérieur, Nuit Extérieur, Nuit Bral Jacques Bral J., Leca J.-P., Lévi J. 1980 France 110'
Femme d'Extérieur (Une) Femme d'Extérieur (Une) Blanc Christophe Blanc C., Bohbot R., Deboise E. 1999 France 118'

 

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