C | E     

 

Liste des Mots      

Danse

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I - Titres des films

Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
Danse avec les loups Dances with wolves Costner Kevin Blake M. 1991 USA 181’
Danse de la cigogne (La) Vu khuc con co Foo Jonathan,
Phan Quang Binh Nguyên
Duy N.,
Quang Sang N.
2003 Singapour, Vietnam 90'
Le roi danse Le roi danse Corbiau Gérard Beaussant P.,
Castro E. (de),
Corbiau A. et G., Decoin D.
2000 France 108’

II - Autres titres de films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
A travers le Miroir Såsom i en spegel Bergman Ingmar Bergman Ingmar 1961 Suède 89’
Mathilde
§. Φω. 18 - Plan 318
§. Φω. 49 - Plans 1117-1134
§. Φω. 50 - Plan 1145
§. Φω. 51 - Plan 1178
(Voir détail : Mathilde) Mimica Nina Mimica Nina 2004 Italie,
Espagne,
Angleterre,
Allemagne
97'
Miroir (Le) (Voir détail : Zerkalo) Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Micharine A.
Et poèmes d'Arseni Tarkovski.
1975 URSS 106'

III – Photogrammes et analyse d'extrait de films

III – 1. A Travers le Miroir, d'Ingmard Bergman

Il nous semble qu’on peut dire que la danse est un langage du corps. Nous allons voir deux séquences de deux réalisateurs différents (Bergman et Tarkovski) qui ont des similitudes frappantes. Chez Ingmar Bergman. Il s'agit de la danse gesticulée de Karen (Hariett Anderson) dans "la Chambre de la rencontre avec Dieu", (Cf. Photogramme – Danse 1 à 4.)

Bergman, A travers le Miroir. Photogramme danse 1 : plan 73a Photogramme Danse 1 :
A travers le Miroir
Plan 73a
Karen effectue sa "danse gesticulée"…

Bergman, A travers le Miroir. Photogramme danse 2 : plan 73b Photogramme Danse 2 :
A travers le Miroir
Plan 73b
Karen a l'impression qu'elle va rencontrer Dieu dans la chambre.

Bergman, A travers le Miroir. Photogramme Danse 3 : plan 73c Photogramme Danse 3 :
A travers le Miroir
Plan 73c

Bergman, A travers le Miroir. Photogramme Danse 4 : plan 73a Photogramme Danse 4 :
A travers le Miroir
Plan 73d

La danse gesticulée de Karen ressemble étrangement, à quelques nuance près, et comme nous allons le voir, à la danse de Maroussia dans Le Miroir. La question qui se pose est celle de savoir si Tarkovski connaissait A travers le miroir, [1] car nous ne savons pas si le plan 24 du Le Miroir, est une variation du plan de Bergman ou un élément d'un vrai rêve (ou d'une idée) de Tarkovski. Quoi qu'il en soit, le parti pris du cinéaste aboutit tout de même à un résultat extrêmement ambigu, comme l'est d'ailleurs, la même séquence chez Bergman, mais néanmoins explicitement transparent.

_______________

[1] La ressemblance des titres des deux films est curieuse. Il est aussi étrange qu'Andreï Tarkovski ne le cite pas dans ses écrits bien qu'il soit un grand admirateur de Bergman. Dans son Cahier Journal, il cite 5 films du réalisateur suédois : Fanny et Alexandre, Les Fraises Sauvages, Les Communiants, Personna et La Honte. Dans Le temps scellé, il cite les trois derniers du Cahier Journal avec en plus : Face à Face, Cris et Chuchotements et La Source.

*

Voir aussi les liens spécifiques du film : lait sur mer (plan 19) → doigt blessé (26) → [mains du père écartés en croix (32)] → [œil ouvert de Karen (59)] → [manteau 1 et 2 (62, 70)] → danse de Karen (plans 73a-d) → [tête en bas, Minos (92)] → escalier 1 et 2 (175 - 177) → main-œil Karen cherchant un cahier (94) → crachat Minos (111) → [cheveux de Minos tirés par K. (127)] → l'épave (plan 132)
(*) : [Les plans entre crochet ne sont pas inclus dans le Dictionnaire.]

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III – 2. Le Miroir, d’Andreï Tarkovski

III – 2. 1. Danse et cheveux : configuration cinémantique

C’est la séquence du rêve d’Aliocha

Plan 21 : 15' 40" : Aliocha enfant se redresse brusquement, comme s'il avait pressenti quelque chose d'étrange. Il se recouche.

Plan 23 : 16' 18" : Aliocha se relève, et sort du lit. Au pied du lit, une bassine d'eau est posée sur une chaise. Il avance vers une porte ouverte. Une serviette traverse rapidement l'encadrement de la porte. L'image est très étrange.

Plan 24 : 16' 57" : Aussitôt, dans la chambre voisine, nous observons la première brève apparition du père : gros plan rapproché rapide, il est debout, il verse de l'eau sur la tête de son épouse. Maroussia est accroupie devant une bassine d'eau remplie jusqu'au bord. Ses longs cheveux flottent dans l'eau. La scène est particulièrement inquiétante et bouleversante. En effet, du fait de la position courbée du corps et de la tête plongée dans l'eau, nous ne distinguons pas son visage. Mais nous avons l'impression, d'avoir le double d'une tête qui émerge de l'eau, une tête "miroirisée". Mieux encore, c'est comme une deuxième personne qui surgit de l'eau, une personne qui avale l'autre, qui l'aspire. (Cf. Photogramme – Danse 5.)

 Andreï Tarkovski, Le Miroir. Photogramme Danse 5 : Plan 24b.
Photogramme Danse 5 :
Le Miroir
Plan 24b
Nous avons l'impression d'avoir le double d'une tête qui émerge, comme une deuxième personne qui surgit de l'eau.

Plan 24c : 17' 25" : Maroussia pose ses mains sur les bords de la bassine. Elle se redresse tout doucement. Les cheveux lui cachant le visage. Nous avons à ce moment-là une personne sans visage, une tête sans "les sens", une personne quelconque, une personne qui a tournée sa face de 180°. En bref, une personne monstrueuse. (Cf. Photogramme – Danse 6.)

 Andreï Tarkovski, Le Miroir. Photogramme Danse 6 : Plan 24c.
Photogramme Danse 6 :
Le Miroir
Plan 24c
Une personne sans visage.

Plan 24d : 17' 33" : Zoom arrière. Plan général de la chambre. Elle écarte les bras parallèlement au sol, en croix, et elle exécute une espèce de danse mystérieuse, arythmique, comme les mouvements d'une marionnette articulée. (Cf. Photogramme – Danse 7)

 Andreï Tarkovski, Le Miroir. Photogramme Danse 7 : Plan 24d.
Photogramme Danse 7 :
Le Miroir
Plan 24d
Maroussia qui exécute une espèce de danse mystérieuse, comme les mouvements d’une marionnette articulée.

La chambre dans laquelle elle se trouve accentue le caractère pathétique et dramatique de la séquence. Les murs semblent par endroit carbonisés, d'une rugosité brillante. Comme si elle se trouvait à l'intérieur du fenil après l'incident du feu ! Un petit feu s'échappe d'un poêle, à côté d'une lampe à pétrole renversée.

Plan 25 : 17' 47" : Tout à coup, Maroussia disparaît de l'écran. De l'eau ruisselle le long des murs, des blocs de plâtre du plafond tombent sans bruit par intermittence.

Plan 26 : 18' 01" : Maroussia, paisible et calme, apparaît de nouveau. Elle dispose ses cheveux mouillés en arrière. Elle marche tranquillement vers la gauche, son image apparaît sur un miroir, sur lequel de l'eau ruisselle. Dans la continuité du déplacement de Maroussia à gauche, la caméra effectue un travelling à gauche, identique au plan 19, c'est-à-dire un passage d'un court instant sur une surface sombre et dense. Un mur opaque et noir, le long duquel l'eau suinte d'eau. On aperçoit une ombre qui se déplace furtivement le long du mur. [1]

Plan 27 : 18' 35" : Maroussia apparaît de face, et grâce à une surimpression, nous assistons à une métamorphose de Maroussia en une vieille dame qui avance à "l'intérieur du miroir", et qui va essuyer avec sa main la buée sur le miroir. Fin de la séquence en noir et blanc.

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[1] Ce plan rappelle un plan d'Andreï Roublev, au retour de Kyril au monastère, plan 286.

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III – 2. 2. Danse et connotation politique

A plus d'un titre, cet épisode est particulièrement important. D'abord, nous allons considérer la danse gesticulée de Maroussia. La danse traduit et interprète une situation particulière. [1] C'est une représentation extérieure d'un fait intérieur. Mais, il ne s'agit pas d'une simple représentation ponctuelle d'un état d'âme, mais d'un discours articulé du corps.

L'affaire se complique considérablement car il y a, comme en général dans un rêve, une accumulation importante de faits qui se relient entre eux d'une manière extraordinaire, ce qui confirme le talent du cinéaste. En effet, dans le plan 24, nous faisons connaissance avec le père du héros lors d'une apparition brève qui nous le montre en train de verser de l'eau sur la tête de son épouse. Ici, "le père" est à la fois, et contradictoirement, "le père du héros", et "le père de la patrie". Qu'est-ce à dire ? Andreï Tarkovski donne en fait une double fonction à la figure du père : d'abord par sa très courte apparition, et, ensuite, par les données que nous fournit la suite de la séquence (qui ne trompe pas), particulièrement dans la scène des cheveux qui cachent le visage de Maroussia (Cf. Photogramme – Danse 5.). Cette scène suggère une personne sans visage avec une connotation nettement politique, surtout dans la séquence qui propose la scène de la danse où les gestes rappellent ceux d'une marionnette articulée.

La déviation de cette figure illustre d'une manière frappante, "la mainmise" du pouvoir politique et autoritaire, "la main du père de la patrie", qui manipule les personnes comme des marionnettes, jusqu'à les transformer en personnes sans visages, sans âmes, c'est donc une illustration de "l'anéantissement humain". En effet, ici, le bain acquiert une signification de soumission. De plus, la figure particulière des cheveux suspendus devant le visage, presque tressés en nattes par l'effet de l'humidité, et qui tombent au sol, suggère, par ailleurs, la figure de la mort. Elle nous rappelle la figure de l'anse du célèbre Vase François du musée de Florence, qui représente Ajax ramenant Achille mort sur son épaule. En effet, les cheveux de ce dernier sont suspendus, ce qui rappellent ceux de Maroussia. Ainsi, coup sur coup, nous avons une autre duplication de la figure de la mort, une autre "miroirisation". En somme une "mort dans l'âme", qui subit à son tour une duplication : mort dans l'âme de Maroussia femme-épouse, et mort dans l'âme de Maroussia citoyenne-camarade. Un exemple de plan d'une personne dont le visage est caché par les cheveux se trouve dans le film de Bernardo Bertolucci, Novecento, au plan 667.

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[1] Cf. Emmanuelle André, Formes filmiques et idées musicales, thèse de doctorat cinéma, Paris, 2000. Laurence Louppe, Poétique de la danse contemporaine, Editeur, Contredanse, Bruxelles, 2000. Candice Moors, La danseuse, créature ou créatrice ? de la place des femmes dans la danse du XVIIIème siécle au XX ème siècle, Editeur, Saint-Martin d'Hères, IEP, 2000. Delphine Guyon, La conception de la mort à travers le littérature et l'iconographie macabres médiévales, thèse de doctorat lettres, Cergy-Pontoise, 2001.

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III – 2. 3. Liens Spécifiques du film

Voir : Miroir (Le)

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Déplacement

Voir : Ballon - Barque - Bicyclette - Cercle - Chemin - Escalier - Montgolfière - Rêve - Téléphone

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Déterminisme

Voir :
Note 1

Andreï Roublev :
Plan 207 : La scie sifflante -

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Diable

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I - Titres des films

Titre Titre originale Réalisation Scénario Année Pays Durée
Diable au Corps (Le) Autant-Lara Claude Aurenche J.Bost P. 1946 France 110'
Diable Boiteux (Le) Guitry Sacha Guitry S. 1948 " 130'
Diablesse en Collant Rose (La) Heller in Pink Tights Cukor George Nichols D.Bernstein W. 1960 USA 100'
Diaboliques (Les) Clouzot H.-G. Clouzot H.-G.Geronimi J.Masson R.Grendel F. 1954 France 116'

II - Autres titres de films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
Rosemary's Baby Rosemary's Baby Polanski Roman Polanski R.
Levin I.
1968 USA 137'
Voie Lactée (La) Voie Lactée (La) Buñuel Luis Buñuel L.
Carrière J.-Cl..
1969 France,
Allemagne,
Italie
97'
Neuvième Porte (La) The Ninth Gate Polanski Roman Brownjohn J., Polanski R., Urbizu E. œuvre de Pérez-Reverte Arturo. 1999 Espagne, France, USA 133'

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III - Photogrammes d'extrait de film.

III – 1. Le diable dans La Voie Lactée de Luis Buñuel

L'accident a eu lieu de la manière suivante : Pierre et Jean sont sur le bord de la route. Ils voient venir une voiture blanche, conduite par un homme seul. Jean d'un geste machinal, demande au conducteur de s'arrêter. Le chauffeur ne les regarde même pas et continue. La voiture passe. Jean s'écrie, furieux : "je voudrais bien que tu te casses la gueule ! Hé salaud !" Brusquement, à l'instant précis ou Jean termine sa phrase, on entend un terrible fracas métallique, le bruit d'un accident. Pierre et Jean se lèvent et s'avancent vers la voiture qui s'est écrasée en contre-bas de la route.
_ Pierre : "Il est peut-être encore vivant, non ?"
_ Jean : "Sûrement pas, il est tout écrasé."
Soudain, stupéfaits, ils s'arrêtent en entendant une voix off.
_ Le Jeune Homme : "Non, ne faites pas ça. Ils vous garderont des heures et des heures… Vous feriez mieux de partir."
Pierre et jean sont ébahis. Ils paraissent extrêmement surpris de le voir. Le jeune homme tient une fleur de lotus. (Cf. Photogramme – Diable 1)

Buñuel, La Voie Lactée.Photogramme diable 1 Photogramme Diable 1 :
La Voie Lactée
45' 28"
Après un accident mortel. A l'arrière de la voiture, un jeune homme au visage mélancolique est tranquillement assis, il tient une fleur à la main et ne paraît pas avoir été touché par l'accident. N'est-il pas le diable ? (Comme nous allons le voir.)

_ Pierre : "Vous étiez-là ? On ne vous a pas vu !"
_ Jean (à Pierre) : "T'y comprends quelque chose, toi ? (Au jeune homme)Vous n'êtes pas blessé ?
Le jeune homme ne tient plus une fleur, mais de la paille.
_ Le Jeune Homme : "Je suis monté quand tu as souhaité qu'il se casse la gueule… Je monte toujours au dernier moment." (…)
_ Jean : "Mais qui êtes-vous ? "
_ Le Jeune Homme : "Un ouvrier… Un ouvrier qui ne chôme pas… Et nous sommes des millions et des millions, là-bas..
_ Jean : "Où ? "
Sans répondre, le jeune homme se redresse et vient vers l'avant de la voiture, vers le poste de radio qui est complètement cassé. Il appuie sur un bouton brisé. On entend, venue de très loin, la voix d'un prédicateur qui parle en espagnol, "la description de l'enfer de Frère Luis de Granada."[1]
_ Le Jeune Homme : "Là-bas le temps de faire pénitence ne s'accorde plus…"

Le Jeune Homme se penche à l'intérieur de la voiture et place sa main au-dessous de la médaille de Saint-Christophe placée sur le tableau de bord de la voiture. La médaille tombe dans la main du jeune homme. Il sort sa main par la fenêtre de la voiture et laisse tomber la médaille dans une flaque de boue qu'il piétine longtemps afin de l'enfoncer dans la boue. (Cf. Photogramme – Diable 2)

Buñuel, La Voie Lactée.Photogramme diable 2 Photogramme Diable 2 :
La Voie Lactée
47' 11"
Le Jeune Homme laisse tomber la médaille de Saint-Christophe dans une flaque de boue qu’il piétine longtemps.

____________________

[1] Buñuel, L'Avant-scène du Cinéma, La Voie Lactée, op. cit., p. 43.

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Voir aussi les liens spécifiques du film

L’homme à la cape - Foudre sur l'arbre - Chapeau aumône (24'09") - Crachat de la Vierge Marie - Crachat de Jean - Le diable et la fleur de lotus - Le diable qui piétine la médaille de Saint-Christophe - [âne ]* - [la bougie dans le boisseau ]* - Crachat de Jésus sur un aveugle.
(*) : [Les plans entre crochets ne sont pas inclus dans le Dictionnaire.]

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Disparition

Voir : Apparition


I - Titres des films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
Dispaition d'Alice Creed (La) The Disappearance of Alice Creed Blakeson J. Blakeson J. 2010 Angleterre 114'
Helen : Autopsie d'une disparition Helen Lawlor Joe, Molloy Christine Lawlor Joe, Molloy Christine 2010 Angleterre, Irlande 79'
Disparitions Imagining Argentina Hampton Christopher Hampton Christopher 2005 USA 107'

II - Autres titres de films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
Andreï Roublev
§. La disparition du cheval noir : plan 5a-5c
(Voir détail : Andreï Rublyov) Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Konchalovsky A.
1969 URSS 215'
Diaboliques (Les) Disboliques (Les) Clouzot Henri-Georges Henri-Georges Clouzot. Roman : Celle qui n'était plus, de Boileau-Narcejac 2005 USA 107'
Miroir (Le)
§. Ignat constate avec étonnement et surprise, mêlée d'inquiétude, la disparition de la dame en noir, et de tout le service à thé : plan 83 - 87
(Voir détail : Zerkalo) Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Micharine A.
Et poèmes d'Arseni Tarkovski.
1975 URSS 106'
Stalker
§. La disparition du Professeur : plan 70
(Voir détail : Stalker) Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Strougatski A. et B.
1979 URSS 161'

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Divination

I - Autres titres de films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
300 300 Snyder Zack Gordon M., Johnstad K., Snyder Z., d'après Miller F. 2006 USA 115'
Alexandre Alexander Stone Oliver Kalogridis L., Kyle Ch., Stone O. 2004 USA 175'
Kundun Kundun Scorsese Martin Mathison Melissa 1997 USA 129'
Little Buddha Little Buddha Bertolucci Bernardo Peploe Mark, Wurlitzer R. 1993 Angleterre, France, Italie, Liechtenstein 123'

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II - Croyances Symboliques et / ou Superstitieuses

• Parmi les manifestations des êtres humains qui peuvent être considérées comme des signes : (…) "Les mouvements involontaires, convulsions et palpitations, bourdonnements d'oreilles, passaient volontiers pour des manifestations d'une influence divine. (…) Comme on l'entend dire aujourd'hui encore, on croyait qu'un bourdonnement d'oreilles était la marque que l'on était l'objet d'une conversation, favorable si le tintement venait de l'oreille droite, défavorable s'il venait de l'oreille gauche. (…) L'éternuement, particulièrement spectaculaires, a toujours été considéré comme un présage: comme Pénélope faisait des vœux pour le retour d'Ulysse, et le châtiment des prétendants, Télémaque (éternua soudain et Pénélope éclata de rire en l'accueillant comme un signe de bon augure (Odyssée, XVII, 541 sq.)" [1]

• Ainsi par exemple : (…) "Aristophane imagine, dans le Ploutos (p.40 sq.) que son héros à reçu l'ordre d'Apollon d'aborder le premier homme qu'il rencontrerait en sortant du temple, de ne plus le lâcher et de l'engager à l'accompagner chez lui. C'est ainsi que Chimyle ramène chez lui un vieillard aveugle qui n'est autre que Ploutos dieu de la richesse. (…) "Dans l'Ion d'Euripide (517 sq.) le roi Xoutmos qui est venu consulter, avec sa femme, pour avoir un enfant apprend de la pythie que la première personne qu'il rencontrera en sortant du temple sera son fils." [2]

• Parfois, ce sont les animaux qui ont la fonction d'annoncer un présage. En voilà un tiré de la mythologie grecque, il s'agit d'un cas particulier que l'on appelle les animaux-guides. C'est ainsi que : (…) "Cadmos, fondateur de Thèbes, avait reçu l'ordre de Delphes de prendre pour guide une vache, et de fonder une cité à l'endroit où elle tomberait de fatigue sur le flanc droit." [3]

• (…) "La divination inspirée l'emporte de beaucoup par son importance dans certaines civilisations, ainsi dans l'ancien Israël ou bien en Grèce. (…) "La divination inductive est reine dans la civilisation babylonienne chez les Etrusques et les Romains. Elle implique que la divinité a inscrit sa volonté et annoncé le futur dans tel ordre ou tel ordre de la nature et la symbolique des signes, souvent fort complexes, est le thème de recherche qui s'offre au devin ou bien au simple particulier." [4] Uniquement pour le cas de la Grèce antique, les exemples de divination inspirée sont nombreux. Non seulement chez Homère, dans l'Iliade et l'Odyssée, mais aussi chez Platon, Euripide, etc. [5]

• Signalons que Cicéron lui-même était réfractaire à la science divinatoire. [6] Ce qui implique un état d'esprit lucide, qui se veut détaché des croyances irrationnelles. Très souvent ses écrits sont teintés d'un scepticisme et d'une ironie marquée. Toutefois, il nous livre, un exemple d'omen très célèbre rapporté par tous les livres de la divination et de l'histoire romaine. L'omen est donné inconsciemment à Crassus : (…) "Partant pour sa perte en expédition contre les Parthes par un marchand de figues criant "cauneas" (sous-entendu "ficos") c'est-à-dire, achetez mes figues de Caunos, ville de Carie. Mais c'était là un avertissement que le général romain ne comprit pas car le cri devait s'entendre "caue ne eas", "prends garde, n'y vas pas".[7]
Cependant, le romain n'est pas tenu de façon rigide par le présage. Ainsi : (…) "Il peut donner parole et vie à la parole annonciatrice en déclarant qu'il l'accepte : "omen occipere". Mais il peut aussi ôter toute valeur au présage funeste en déclarant qu'il le refuse,"omen execrari", abominari" ou bien encore en transformer le sens par des paroles adroites qui en modifient la valeur." [8]

• Parmi les divinations [9] dont nous avons conservé la trace, nous citons celles qui sont présentes dans les films d'Andreï Tarkovski : nous utiliserons les abréviations suivantes :
Andreï Roublev (A.R), Le Miroir (M), Stalker (S), Nostalgia (N)
- Aéromancie : Air ("consistait à demander l'avenir aux vents, aux nuages, au soleil, à la lune et aux aurores" [10], (A.R), (M), (S), (N)
- Alecryomancie : Coq, (M),
- Bibliomancie : Bible, (A.R), (N)
- Brizomancie : Rêve,(A.R), (M), (S), (N)
- Capnomancie : Fumée, (AR), (M), (N)
- Causinimancie: Feu, (A.R), (M), (S), (N)
- Clédonmancie : Paroles,(A.R), (M), (S), (N)
- Cleidomancie : Clefs, (N)
- Casquinomancie Tamis, (passoire, sas), (A.R), (M), (S),
- Dactylomancie : Anneau, (M)
- Daphnomancie : Laurier, (M)
- Hydromancie : Eau, (A.R), (M), (S), (N)
- Lampodomancie : Bougie, cierge, lampe,(A.R), (M), (S), (N)
- Lécanomancie : Pierres précieuses, (M)
- Lithomancie : Pierre, (A.R), (M)
- Ologymancie : Hurlement des chiens, (S), (N)
- Onomancie : Nom (prénom) (A.R), (M), (S), (N)
- Ophiomancie : Serpent, (A.R)
- Ornithomancie : Oiseau, (A.R), (M), (S), (N)
- Petchimancie : Vêtement, (A.R), (M), (S), (N)
- Phyllomancie : Arbre, (A.R), (M), (S)

• Aux systèmes que nous avons cités, nous pouvons ajouter des divinations récentes:
- la Cartomancie : Carte ;
- la Chiromancie : Ligne de mains ;
- la Chleumancie : Rire ;
- la Physiognomonie : Trait du visage.

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[1] Cf. Jean Defradas, op. cit., p. 171.
[2] Cf. Article, J.Defradas, "La Divination dans la Grèce Antique", dans La Divination, Etudes recueillis par André Caquot et Marcel Leibovici, 2 tomes, P.U.F. 1968.
[3] Cf. Jean Defradas, p.170. Cf. également pour un aperçu et une bibliographie de la question de" l'animal guide" dans : F.Vian, Les Origines de Thèbes, Cadmos et les Spartes, 1963, p.76-82.
[4] Raymond Bloch, La divination dans l'Antiquité, op. cit.
[5] Cf. Homère, Iliade, I.70sq, IV.76, VIII.247-250, XII.200-209, / 239-240, XXIII.65sq, XXIV.221 ; Odyssée XVII. 541sq, XIX.536-556, / 560-567. Platon, Cratyle, 393. B-394 A. […] "Tout ce qui sort de l'ordre naturel, doit être tenu pour un signe envoyé par les Dieux"; Eschyle, Prométhée Enchaîné, 488-492. Euripide, Iphigénie en Taurides, 1234, 1283. Hérodote, V, 92; VII, 142, 143. Aristophane, Paix, 1084; Les Oiseaux, 521. Pindare, Pythiques, IV, 6 sq. Plutarque, Banquet des Sept Sages, 149 C; Cimon, 18; etc.
[6] François Guillaumont, Philosophie et augure, recherches sur la thèorie cicéronienne de la divination, thèse doctorat, Paris IV, Editions Latomus, Bruxelles, 1984.
[7] Cf. Ciceron, p.30 ; Raymond Bloch, p.82 ; Jean Defradas, p.218.
[8] Cf. Ovide, Fastes, 3.339.sq ; cf. également, Bloch, p.83 ; Defradas, p.219.
[9] Cf; également, Yves Pélicier (sous la direction), Univers de la psychologie, tome 6, L'autre univers de la psychologie : la pensée magique, l'ésotérisme, da divination, etc. Editions Lidis, Paris, 1979. Jean Vernette, Les mystères de l'occulte et de l'étrange, Editions Presses de la Renaissance, Paris, 1998. Christian Moreau, Freud et l'occultisme, Editions Privat, Toulouse, 1976. Josette Elayi, La divination dans l'antiquité hellénique, thèse doctorat études grecques, Lyon II, sous la direction de Georges Roux, 1973. Marie-Louise von Franz, La psychologie de la divination, Editions A. Michel, Paris, 1995. Jacquie Pigeaud, La vérité des songes, de la divination dans le sommeil/ Aristote, Editions Payot, Rivages, Paris, 1995. Raymond Bloch, Essai sur l'avenir et son imaginaire, Editions Fayard, Paris, 1991. Carole Morgan, La divination d'après les croassements des corbeaux dans les manuscrits de Dunhuang, Editeur, Jean-Pierre Drège, Kyoto : Ecole française d'Extrême-Orient, 1987.
[10] Andrée Ruffat, La Superstition à travers les âges, op. cit., p.246.

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Doigt

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I - Titres des films

Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
5000 Doigts du Dr T. (Les) The 5000 Fingers of Dr T. Rowland Roy Dr SeussScott A. 1953 USA 88'
Doigts dans la Tête (Les) Doigts dans la Tête (Les) Doillon Jacques Doillon J. 1974 France 104'

II - Autres titres de films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
A travers le Miroir Såsom i en spegel Bergman Ingmar Bergman Ingmar 1961 Suède 89’
Captive aux Yeux Clairs (Doigt amputé) The Big Sky Hawks Howard Nichols D. 1952 USA 122'
Chantage Blackmail Hitchcock Alfred Hitchcock A.Levy B.WWeston G.Bennet C. 1929 USA 73'
Clean, Shaven Clean, Shaven Kerrigan Lodge Kerrigan L. 1995 USA 79'
Raging Bull
§. Jake salue Vic en lui tenant le bout du doigt
Raging Bull Scorsese Martin Martin P.
Schrader P.
1980 USA 129'
Source (La) Jungfrukällan (La Source de la vierge) Bergman Ingmar Isaksson Ulla 1959 Suède 89'
Viridiana
§. La petire Rita qui se pique au doigt en manipulant une couronne d'épines
Virdiana Buñuel Luis Buñuel L.
Alejandro J.
1961 Mexique
Espagne
90'

III – Photogrammes extrait de films.

III - 1. A travers le Miroir d'Ingmar Bergman

Plan 26 : 9'03" Martin et son beau-père préparent le dîner. Ce dernier accroche une lampe à pétrole, Martin ouvre une bouteille de vin. Il se blesse à l'index, le doigt accusateur. (Cf. Photogramme – Doigt 1)

Bergman, A travers le Miroir.Photogramme doigt 1 : plan 26 Photogramme Doigt 1.
A travers le Miroir,
Plan 26
Martin qui se blesse au doigt en voulant ouvrir une bouteille de vin.

Ce plan annonce le virulent procès qu'engage Martin sur le bateau à propos de son beau-père (plans 126-128).

*

Voir aussi les liens spécifiques du film : lait sur mer (plan 19) → doigt blessé (26) → [mains du père écartés en croix (32)] → [œil ouvert de Karen (59)] → [manteau 1 et 2 (62, 70)] ? danse de Karen (plans 73a-d) → [tête en bas, Minos (92)] → escalier (177) → main-œil Karen cherchant un cahier (94) → crachat Minos (111) → [cheveux de Minos tirés par K. (127)] → l'épave (plan 132) → escalier 1 et 2 (175-177)
(*) : [Les plans entre crochet ne sont pas inclus dans le Dictionnaire.]

* * *

III - 2. Les figures du doigt dans La Source d'Ingmar Bergman

Plan 14, Frida (la servante) ordonne en criant à Ingeri (la sœur adoptive de Karin, fille de Töre), avec le doigt pointé, de chercher le lait. (Cf. Photogramme – Doigt 2)

Bergman, La Source.Photogramme doigt 2, plan 14. Photogramme Doigt 2. La Source, plan 14
Frida ordonne à Ingeri, avec le doigt de chercher le lait.

Plan 25, Ingeri verse du lait dans un grand plat, avant de l'apporter sur une grande table ou attendent plusieurs convives. Simon, un moine, goûte le lait avec ses doigts. (Cf. Photogramme – Doigt 3)

Bergman, La Source.Photogramme doigt 3, plan 25. Photogramme Doigt 3. La Source, plan 25
Simon, un moine, goûte le lait avec ses doigts.

Plan 42, Märeta (mère de Karin) tire en arrière les cheveux de Karin et lui demande : "Avec qui as-tu dansé hier ?" Karin en comptant avec les doigts de sa main droite, répond : "J'ai dansé avec celui-ci… et celui-là, et celui-là…"(Cf. Photogramme – Doigt 4)
- Märeta (prenant la main de sa fille) : " Enfin !"
- Karin : " Pourquoi veux-tu savoir ?"
- Märeta : "J'ai fait un si mauvais rêve cette nuit."…

Bergman, La Source. Photogramme doigt 4, plan 42. Photogramme Doigt 2. La Source, plan 42.
Karin en comptant avec les doigts de sa main droite, répond : "J'ai dansé avec celui-ci… et celui-là, et celui-là…"

*

Quelques temps plus tard.

Plan 93. C'est le moment où Karin s'enfonce dans la forêt et Ingeri se rend dans la maison du gardien du pont.
Plan 103. Dans la cabane :
- Ingeri : (…)" Tes voisins sont loin d'ici?"
- Gardien : " J'entends ce que je veux, et je vois ce que je veux." (…) "Toi aussi, tu peux entendre comme moi… si tu le veux.
Ecoute!"
(Le bruit sourd d'un galop de cheval s'entend au loin.)
- Ingeri : "Quel est ce grondement dehors?"
- Gardien : "Trois hommes morts sont allés à cheval vers le nord." (…) (Il ouvre un petit coffre, et renverse le contenu devant Ingeri. Il lui présente les objets.) (…) (Il prend un doigt coupé)"Le sang cesse de couler"(Il prend un coquillage)"Le poisson arrête sa course." (Il le repose et prend une plume) "L'aigle suspend son vol." (…) "Voici ta puissance."
Ingeri troublé lui dit : "Tu t'es souillé, tu as fait des offrandes à Odin." (Cf. Photogramme – Doigt 5)

Bergman, La Source.Photogramme doigt 5, plan 106. Photogramme Doigt 2. La Source, plan 106
Le Gardien montre un doigt coupé à Ingeri.

Les quatre variantes de la figure du doigt ne proposent-ils pas une forte connotation sexuelle ? L'idée est à creuser davantage, nous ne pouvons pas nous y attarder. [1] Ce qu'on peut dire, c'est que le doigt ici devient un symbole phallique : pointé, il représente l'érection; dans le lait c'est une représentation de l'acte de pénétration et enfin, coupé, c'est une représentation du désir pur, un désir coupé du reste du corps, un hédonisme phallique. Et en fin de compte, il représente l'idée du viol lui-même, l'idée du corps de Karin coupé de la vie.

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[1] Cf. J. Donner, doigt coupé dans A travers le miroir, op. cit., p. 110. F. Cesarman, op. cit., p. 85.

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Voir aussi les liens spécifiques du film : arbre → [cheval] → doigt → [oiseau] → poussin → présage → [sac]*
(*) : [Les plans entre crochet ne sont pas inclus dans le Dictionnaire.]

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Doute

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I - Titres des films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
Doute Doubt Shanley John Patrick Shanley John Patrick 2009 USA 105'
Ombre d'un doute (L') Shadow of a doubt Hitchcock Alfred Benson S., Reville A., Wilder T. 1943 USA 108'

II - Autres titres de films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
Andreï Roublev
§. Absence de Roublev
§. Doutes et routes
(Voir détail : Andreï Rublyov) Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Konchalovsky A.
1969 URSS 215'
Miroir (Le) (Voir détail : Zerkalo) Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Micharine A.
Et poèmes d'Arseni Tarkovski.
1975 URSS 106'
Nostalghia
§. Variations sur le thème de passage
(Voir détail : Nostalghia) Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Guerra T.
1983 URSS
Italie
130'

III - Analyse et liens spécifiques du film

III - 1. Le Miroir, d'Andreï Tarkovski

Plan 124 : 1h 05' 22" : Natalia (la mère d'Ignat) regarde des photos. Elle discute avec son ex-mari, à propos d'un autre homme qu'elle a rencontré, et qu'elle hésite à épouser : "dois-je l'épouser" demande-t-elle à son ex-mari. L'épisode ressemble à l'épisode de "La question espagnole", à ceci près qu'il y a un jeu savant de la lumière sur le visage de Natalia. En effet, au début, un éclairage intense illumine momentanément son profil gauche, ensuite c'est au tour du profil droit (plan 126). Dans le même plan, l'éclairage change encore, il est de face, il s'obscurcit quelques secondes au moment où Ignat entre dans le champ visuel, pour à la fin, s'amplifier et devenir plus intense qu'auparavant. Ce jeu de lumière indique les différents degrés du doute que Natalia traverse.

Voir aussi : Chat noir et verre de lampe à pétrole - La lampe à pétrole oscillante

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III - 1. 2. Liens Spécifiques du film

Le Miroir (Fiche technique et aspects extra-filmiques) :

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Drap

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I - Titres des films

Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée

II - Autres titres de films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée
Andreï Roublev (Voir détail : Andreï Rublyov) Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Konchalovsky A.
1969 URSS 150'
Maître (Le)
§. Φ ω. 37 - Plan 116
(Voir détail : Mistrz) Piotr Trzaskalski Lepianka W.
Trzaskalski P ;
2005 Allemagne
Pologne
117'

III - Photogrammes extraits des films - Analyse et liens spécifiques du film

III - 1. Andreï Roublev,d’Andreï Tarkovski

III - 1. 1. La figure du drap plié en cloche

Plan 313-2 [*]: 2h 23' 21" : Comme Roublev, Boris est seul. Il est allongé de tout son long. Il est visiblement fatigué. Miraculeusement, il est le seul rescapé d'une épidémie de peste.

Plan 314-3 : 2h 23' 27" : Plan rapproché ambigu : un filet de sang qui se fraye un chemin en coulant sur une neige blanche, immaculée. Comme si c'était un prolongement au plan de Thomas mort, le plan 263. En effet, dans ce plan, après la mort de Thomas, des flocons de neige surnagent sur une petite rivière alors qu’ici, nous avons l'inverse.

Plan 315-4 : 2h 23' 24" : Des messagers du Grand Prince arrivent devant les pieds de Boris. Ils recherchent le fondeur de cloche Nicolas, père de Boris. Ce dernier répond qu'il est mort. Les messagers se renseignent sur un autre fondeur, même réponse. Les messagers décident de rentrer chez eux (plan 316-5). Boris, en sursautant, saisit l'occasion pour leur dire (plan 317-6) :
- Boris : "Je connais le secret."
- 1er Messager : "Que dis-tu ?"
- Boris : "Sur son lit de mort, mon père m'a donné le secret de la fonte."
Plan 318-7 : 2h 25' 48" : Les messagers s'interrogent entre eux : "Alors, on l'emmène." Le premier messager en s'adressant à Boris : "Viens ici."
Plan 319-8 : 2h 26' 02" : Boris, fou de joie, court en direction des messagers. Nous apercevons des draps blancs étendus et parsemés un peu partout dans un champ. Boris en courant trébuche et se prend les pieds dans un drap, il tombe en déformant le drap qui prend soudainement et clairement la forme d'une cloche. (Cf. Photogramme – Drap 1.)

 Andreï Tarkovski, Andreï Roublev. Photogramme Drap 1. Plan 319. Photogramme Drap 1 :
Andreï Roublev
Plan 319.
Boris qui tombe en déformant le drap tendu en une forme de cloche.

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[*] Le premier chiffre correspond aux plans du film depuis le début du film, le second chiffre aux plans du film depuis le début de l'épisode.

*

III - 1. 2. Comparaison du drap d’Andreï Roublev avec Nazarin, de Luis Buñuel

Tarkovski interprète le plan du drap tendu en forme de cloche comme une manière de fixer le temps. Dans son livre, il cite à ce propos un épisode du Nazarin [1] de Luis Buñuel. Il choisit cet exemple dans le cadre des (…) "conditions de construction plastique d'un film". Elles passent impérativement par l'authenticité des rapports aux faits de la vie. Il ajoute : (…) "la pureté du cinéma, sa force très particulière, ne tient pas en effet au potentiel symbolique de ces images, même le plus audacieux, mais à ce qu'il parvient plutôt à exprimer dans ses images tout ce qu'un fait peut avoir de concret et d'unique." [2] En outre, cette réflexion traduit un constat permanent de la cinémancie : le primat de l'exceptionnalité, de l'unique. Chaque cas de figure cinémantique est individuel, particulier. En ce qui concerne le drap blanc du film de Buñuel, nous rappelons les explications d'Andreï Tarkovski : (…) "Dans un village rocailleux brûlé par le soleil et ravagé par la peste. (…) Qu'a fait le réalisateur pour créer cette sensation de détresse ? (…) Au milieu de la route déserte, un enfant s'avance avec un drap blanc. (…) La caméra descend lentement. Au dernier moment, avant le changement de plan, un tissu blanc vient couvrir tout le champ de la caméra. Qu'est venu faire là ce drap ? Un drap qui séchait ? A cet instant précis, nous avons perçu comme un fait médical, le "souffle de la peste". [3] Le drap responsable de la chute de Boris n'annonce pas uniquement un fait médical, mais aussi "un fait divinatoire". [4] En effet, n'est-il pas l'image projetée d'un futur proche? L'exploit de Boris de fondre une cloche gigantesque ? La forme des plis du drap ne représente-elle pas une figure de cloche ?

Deux éléments importants distinguent les deux films : la peste et le drap. Dans Andreï Roublev la peste est peut être représentée au plan 314 par le filet de sang ; puis elle est annoncée par Boris au plan suivant. Et par conséquent, il illustre un exemple de divination que nous avons rencontré avec la cape. Qu'il s'agit bien d'un dérivé de la stolisomancie : (…) "Trouver des augures dans la manière de s'habiller".[5] Ici, il ne s'agit pas de l'habit d'un corps, mais "l'habit d'un événement", d'un grand événement important. De plus, le drap blanc, est associé presque directement à plusieurs structures indépendantes : il suggère la couverture d'un lit, un linceul, qui devient une seconde représentation de la mort. Ainsi, le plan 319 suggère aussi "la mort de la nature", couverte de linceuls innombrables. Par-là, il peut évoquer la mort de la terre, un ensevelissement de la terre russe. (Est-ce un avertissement ?) Il peut également rappeler le mythe de Thésée revenant de l'enfer, puisque Boris est apparemment le seul survivant de l'épidémie de peste. Par ailleurs, les croyances relatives aux linceuls sont nombreuses, et comme toutes les croyances, elles sont ambivalentes. En voilà un exemple : (…) "les morts tiennent beaucoup à avoir un linceul convenable, dit-on, et si on n'a pas soin de déférer à ce désir, ils sortent du cimetière pour venir reprocher aux vivants de leur avoir manqué d'égards." [6] Si nous considérons à présent, le drap comme couverture de lit, nous devons distinguer d'abord le lit, (…) "symbole de la régénérescence dans le sommeil, et dans l'amour : il est aussi le lieu de la mort." [7] "Il symbolise le corps. Ainsi le paralytique guéri par le Christ reçoit l'ordre de porter son lit, c'est-à-dire d'utiliser son corps affermi par la vertu divine. Le lit peut désigner le corps du pêché restauré par la grâce et purifié." [8]

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[1] Il s'agit du périple don quichotesque de l'abbé Nazarin : (…) "Voulant vivre selon le Christ, il parcourt le Mexique, suivi par une fille séduite et une prostituée, puis finit par être enchaîné avec des forçats." (Georges Sadoul, Dictionnaire des films, p. 285.)
[2] Andreï Tarkovski, Le Temps Scellé, op. cit., p. 67.
[3] Op. cit., p. 67.
[4] Ce fait rappelle en narratologie, le concept de prolepse : du grec, prolêpsis, notion antérieure, de prolambanein, avancer, devancer. (…) "Selon les stoïciens, image acquise par l'expérience, qui permet de comprendre les expériences à venir." Grand dictionnaire encyclopédique Larousse, p. 8503.
[5] Éloïse Mozzani, Le livre des Superstitions, op. cit., p. 1785.
[6] Revue des Traditions Populaires, tome XIII, p. 595.
[7] Éloïse Mozzani, Le livre des Superstitions, op. cit., p. 578.
[8] Origène, Homélie sur le Cantique des Cantiques, Paris, 1954.

*

III - 1. 3. Les formes et les fonds des plis d’un drap

Ainsi, le drap devient donc la couverture d'un "corps événementiel". Il couvre et il enveloppe l'événement. [1] Ce qui nous intéresse plus précisément, ce sont les plis occasionnés par la chute de Boris. Ne suggèrent-ils pas une "stratification instantanée" du destin de Boris ? En général, les croyances relatives aux "plis" dans les draps ne sont pas de bonnes augures : (…) "Celui qui, après avoir été repassé, porte un faux pli vers l'intérieur présage la mort d'une connaissance. Le faux pli en forme de rectangle ou cercueil n'est pas de meilleure augure." [2] C'est en fait, toute la question fondamentale de la "géométrie cinémantique" qui mérite une attention particulière. Mais la grande question qui se pose est celle de savoir, comment un objet, en occurrence ici le drap, représente "autre chose" que lui-même ? La question est importante, car c'est à l'appui de ce genre de "transformation", que s'établissent les relations poétiques de l'image.

Ce qui est encore surprenant dans le drap, c'est que nous avons affaire, en principe, à une double cloche. On s'explique : pour obtenir des plis aussi profonds, il a fallu que le bout du pied de Boris soit engagé obligatoirement sous le drap dont le bord devait déjà présenter un petit pli en forme de cloche. Notons au passage qu'il n'y a pas seulement le retour de la symbolique du pied. En effet, il tombe à cause du pied, pour retrouver à ses pieds, la réponse en cloche de la cloche. Il y a aussi également le retour au VIIème épisode, avec le crachat et la pierre, et la relation avec la terre.

Au plan 319, le pli est plutôt en forme de triangle, avec la vitesse et l'instantanéité de la chute il suggère aussi la figure de la pointe d'une flèche, d'une direction. (Cf. Figure a.) En revanche, il se peut qu'avec une forme en arête rectangulaire, il y ait une suggestion de barrière, d'arrêt, d'obstacle. (Cf. Figure 9 b.) Il s'agit de l'articulation dynamique des surfaces et des volumes qui suggère des compositions géométriques particulières. (Cf. Figures a et b. )


 Figures a et b. Figures a et b. :
Les plis d’un drap en flèche (a) et les plis en arête rectangulaire (b).

Nous pensons trouver, à l'intérieur de ces compositions, des éléments susceptibles de distinguer quelques principes. Nous venons d’en voir un exemple avec l'éventualité des schémas a. et b. Le cinéma est susceptible de nous offrir un répertoire de ces compositions. Cependant, il reste encore un point important, c'est que, jusqu'à présent, nous avons parlé de la forme du drap qui suggère la forme d'une cloche. Mais nous n'avons pas soulevé la question du fond physique du drap, c'est-à-dire du drap lui-même après sa transformation en cloche. Il y a en effet, un passage d'une forme tendue à une forme détendue qui propose aussi un schéma géométrique complexe, mais en parfait équilibre de densité plastique. L'idée n'est pas simple, nous la résumons ainsi : si l'on admet la "forme-réponse" de la cloche, on doit aussi admettre le "fond-réponse" du drap ou "fond-question" devrions-nous dire. Car après tout, qu'est-ce qui nous permet de nous arrêter uniquement à la forme-réponse ? Est-ce seulement la suggestion formelle qui est importante ? Dans un film de Souleymane Cissé, Yeelen (1987) Nianankoro, en regardant simplement à l'intérieur d'une coupe, distingue nettement sur la surface du liquide (catoptromancie) son père qui le cherche grâce au pilon magique. Dans les deux films, nous sommes en présence d'une "hypothèse d'incidence paroxystique". Dans les deux cas, les jeunes protagonistes sont dans un état extrême de tension nerveuse. La seule différence qui les distingue, c'est que Nianankoro est un voyant, un magicien ; et que Boris ne l'est pas.

Cette "hypothèse d'incidence paroxystique" peut être apparentée [3] au domaine des facultés paranormales avec la voyance ou les visions et les apparitions. Cela risque de soulever quelques objections, mais nous ne voulons négliger aucune piste. Si l’on se réfère à un récent ouvrage général sur la question.[4] P. Wallon explique, en résumé, que presque toutes les facultés paranormales [5] ont comme base commune (…) "un fonctionnement extra-ordinaire de l'inconscient", une "manifestation inouïe de l'inconscient". Ce qui est intéressant de savoir, c'est que l'auteur nous livre trois explications successives : 1. Scientifique (expérimentale) ; 2. Psychologique (Freud-Jung.) ; 3. Traditionnelle. Et à propos de cette dernière possibilité, l'auteur précise : (…) "(qu') il apparaît donc justifié de passer en revue, de manière approfondie, ces explications qui, curieusement, semblent plus riches que les explications scientifiques." [6] Il ajoute : (…) "De telles interprétations persistent dans les pays les plus avancés sur le plan technologique : au Japon, par exemple, l'interprétation la plus "primaire" qui soit, l'animisme, [7] constitue une des bases de la culture, le shintoïsme. Elle coexiste avec une des religions les plus subtiles, le bouddhisme zen, et souvent chez les mêmes personnes." [8] Jean Herbert, note que le shintoïsme (…) "ne peut faire l'objet d'aucune étude analytique." [9] Ce qu'on peut dire : (…) "les Kami (divinités) du shintoïsme sont innombrables. Il est des Kami au sein de chaque fait matériel, le vent, les arbres, les montagnes, les landes, etc. (Herbert p. 62.) D'autres concernent le principe de la masculinité, la nourriture, les habitants de la maison (…) tous les événements de la vie sont couverts. (Wallon p. 86.) [10]

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[1] A titre personnel, M. Dominique Avron nous a soufflé les suggestions suivantes : "Le drap indique un passage du visuel à l'auditif, du drap en cloche à la véritable cloche ; d'autre part, grâce au drap, la terre est comme un lit, mais il annonce également une "page blanche" (une page que le jeune Boris est en train de tourner, ou du moins d'amorcer le geste), ainsi, M. Avron pose la question suivante : la cloche est-elle un signe de sagesse ? Ou un moyen ?" Nous pensons pour notre part, que la cloche représente simultanément les deux alternatives, c'est-à-dire, c'est un moyen pour accéder à la sagesse. Soulignons toutefois, qu'ici aussi l'interprétation rejoint d'une part, le registre diégétique du film, Andreï Roublev accède à la raison ; et d'autre part, le registre extra-diégétique, il s'agit en fait, du réveil du peuple russe. A ce propos, J.-L. Passek écrit : "A. Tarkovski se veut en outre héritier – c'est son originalité la plus criante - de la vieille culture russe, antérévolutionnaire, spiritualiste et prophétique, obsédée par la "terre humide, notre mère". (Dictionnaire du cinéma, Larousse, 1991, p. 647.) Ainsi, le plan 319, devient la naissance par la terre russe, du nouvel enfant russe, porteur du courage, de l'insouciance de la témérité et paradoxalement du savoir-faire.
[2] Éloïse Mozzani, Le livre des Superstitions, op. cit., p. 1002.
[3]Apparenté seulement, puisqu'ils ne sont pas de la même famille.
[4] Philippe Wallon, Le paranormal, P.U.F. 1999.
[5] Comme par exemple la télépathie, la voyance, les visions, les apparitions, le dédoublement, la psychokinésie, les poltergeist, etc.
[6] op. cit., p. 67.
[7] Cf. J. Epstein : (…) "Le cinéma est une langue, et comme toutes les langues, il est animiste, c'est-à-dire qu'il prête une apparence de vie à tous les objets qu'il désigne. Plus un langage est primitif, plus cette tendance animiste y est marquée. Il est inutile de souligner à quel point la langue cinématographique est encore primitive dans ses termes et dans ses idées." Tome 1, op. cit., p. 140 . (…) "Un animisme étonnant est rené au monde." p. 251. E. Morin cite E. Souriau (…) "L'animisme universel est un fait filmologique qui n'a pas d'équivalent au théâtre." Et Bilinsky (…) "Le cinéma est le plus grand apôtre de l'animisme." pp. 74 sq. ; 95 ; 96 ; 132 ; 155 ; 166. J. Mitry, tome 1, op. cit., p. 134.
[8] Op. cit. p. 84.
[9] Jean Herbert, Aux sources du Japon, le Shintô, Editions A. Michel, Paris, 1964, p. 16.
[10] Le shintoïsme n'est pas le seul exemple dans les catégories de l'explication traditionnelle. Il reste à citer : les morts et les Esprits, le chamanisme ; transe et possession, cultes africains ; le polythéisme, l'hindouisme ; le monothéisme et les religions occidentales ; le "mental" dans le mysticisme et le bouddhisme.

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III - 1. 4. Liens spécifiques du film

Voir : Andreï Roublev

 

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